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mercredi 17 octobre 2012

Une histoire de doigts

Même si je suis une piètre guitariste, quand Rachid m'a montré sa main gauche amputée de l'annulaire (penser à enlever ses bagues avant de sauter des murets), j'ai eu très mal à mon Fa majeur.

Comme s'il lisait dans mes pensées, il m'a dit d'un air triste :
- Je venais de m'acheter une guitare

Je lui ai parlé de Django Reinhardt et il a eu l'air réconforté.

N'empêche, mon Fa majeur et mon Si 7ème en sont encore tout retournés.


mardi 24 avril 2012

Canadienne

Samedi, on a accueilli à la maison une nouvelle copine. Elle est petite, très très belle, et tient un peu de l'okapi, de la gazelle et même du tigre.

En plus, elle a une voix brillante et c'est de sa faute si je ne passe plus trop par ici, trop occupée à l'écouter et à jouer avec elle.

Elle aime toutes les chansons, mais pour lui faire plaisir, comme elle est canadienne, je lui fais jouer Neil Young et Ray Lamontagne.

Et je la vois sourire.

lundi 16 avril 2012

Silence

Ce soir Sergueï m'a dit que j'avais bien joué de la guitare : "C'était chouette, t'as bien géré les silences".

Je me demande si ce qu'il préfère, quand je joue, ce n'est pas le silence.

mercredi 22 juin 2011

La fin des haricots

Ce soir je me suis filmée en train de jouer de la guitare.

Mazette, ça vaut le coup d'oeil (à défaut du coup d'oreille).

Je joue comme si j'étais une institutrice de CP qui racontait une histoire à ses élèves : très appliquée, très concernée, très précise, très articulée...

Evidemment, c'était aussi très moche et très ridicule.

Comment je vais faire, maintenant ?

lundi 28 février 2011

Je chante...

Depuis que je porte mes zoreillettes, la pulpe de mes doigts gauches est toute calleuse et les ongles de mes doigts droits sont tout fendus. C'est à cause de ma guitare.

Mais je m'amuse drôlement : "drelin, drelin, ding ding, dreling, takatchouik dzouing dzouing ..."

Et aussi je chante.

mardi 8 février 2011

Famille


Le papa, c'est la mienne, c'est Raimundo.
La maman, c'est celle de Sergueï.
Le bébé s'appelle Yamaha et ma princesse n'en a jamais voulu.

(Oui, je sais la photo est vilaine)

jeudi 23 décembre 2010

Busted flat in Baton Rouge ... lalalalala...

L'autre jour, Sergueï voulait m'apprendre une chanson qu'il aimait à la guitare, et moi je n'y arrivais pas.
- allez, fais un effort ...
- oh, écoute, j'ai déjà du mal avec les chansons que j'aime et là tu veux m'apprendre une chanson que je n'aime pas, non-non-non je ne la jouerai pas, je m'en fiche, voilà.

Il m'a rétorqué qu'il n'en avait rien à cirer de Dylan et Janis Joplin mais que pour me faire plaisir il les jouait quand même et que moi je n'étais même pas fichue d'apprendre une chanson pour lui faire plaisir.

- oui, mais toi tu sais jouer n'importe quoi même avec le bras dans le plâtre alors que moi je rame. Ton truc débile à la noix (en vrai j'ai dit un gros mot), je m'en fous et je veux pas l'apprendre et c'est tout.

Alors il a pris son air cruel et m'a dit qu'il était temps que j'aille prendre des cours avec quelqu'un d'autre parce que lui, il en avait marre de ma mauvaise foi.

Alors mon coeur s'est brisé et j'ai dit que puisque c'était ça, je ne jouerais plus jamais de la guitare avec lui de ma vie.

Depuis, il essaie de m'appâter l'air de rien avec de jolies chansons que j'aime.

Depuis, je joue en cachette.



dimanche 17 janvier 2010



Ma guitare est une capricieuse.

Certains jours, froid, elle ne veut pas jouer avec moi et au lieu de sonner en musique, elle fait : clang clang ou grrtt grrttt.

Surtout quand il fait froid.

Ces jours-là je suis triste.


jeudi 27 août 2009

Zen...

Le Dalaï Lama (eh oui, c'est un pote à moi qui habite du côté de Lavaur, on échange des mails de temps en temps) m'a suggéré il y a quelque temps déjà, pour atteindre la sérénité, de développer mes capacités de patience et de compassion. Il a ajouté que j'avais de la chance de travailler avec quelqu'un qui me fournissait de si belles occasions de m'exercer à extraire de moi tout ressentiment et toute haine qui sont, c'est bien connu, des poisons pour l'âme.

Sur le moment, des nuées de papillons colorés ont envahi mon plexus solaire.

Ce matin, c'est pas gagné d'arriver à transformer le paquet de cloportes, d'asticots et de cafards qui y grouillent.

Déjà ces quelques mots m'ont soulagée ... tiens, je m'en vais massacrer «Everything but the girl» sur ma guitare avant de partir au boulot.

Bonne journée.

lundi 15 juin 2009

Octopus

Ce matin, un des participants à la réunion avait un visage fascinant. A la manière du bonhomme dont je ne me souviens plus du nom et qui est dessiné proportionnellement à sa capacité à percevoir des sensations. Je m'explique : le visage du gars en question occupait toute la tête. La boîte crânienne assez réduite et plate, puis des lèvres grasses et pulpeuses, des yeux globuleux, un nez charnu et proéminent et des oreilles pavillonnaires. Pour finir ce portrait, des mains énormes, une élocution précieuse et des propos pleins de componction. Pour vous dire s'il m'était difficile de me concentrer sur autre chose.

PS : ce n'est pas lui sur la photo, c'est prudence qui s'est fait piquer par une mouche :"trop tard, zé mé souis fait piquer, zé mé zent tot bidzarrr"

jeudi 28 mai 2009


Prudence et le papier tue-mouches

Un dimanche, chez nos amis Prudencepetitpas, nous buvions un thé en jouant au Pictionnary, quand Prudence s'est levé et s'est collé la tête sur un des papiers tue-mouches suspendus au plafond. Le souvenir de Prudence, qui éprouve une profonde répulsion pour les mouches, agitant la tête en criant, s'emmêlant chaque fois plus le ruban avec 10 000 mouches dans les cheveux, longs à l'époque, est très plaisant. Quand j'ai la déprime, je repense à ce moment. Je vous livre ci-dessous le mail de Prudence tel quel.

Journal d'un Hédoniste contrarié

(La mouche et le papier tue-mouches)

J'avais décidé de m'installer sans résistance dans mes névroses préférées, comme on s'installe dans un hamac pour s'octroyer une goutte de répit dans une vie consacrée à une épuisante lutte contre soi-même.

J'avais décidé que ce «moi-même» que j'avais entrepris depuis longtemps de connaître serait celui-là même que l'évidence me tendait à bout de bras, parfaitement présent et assumé et que je ne lui poserais aucune question, n'attendrais aucune justification de sa part. (un peu comme on accepte sans rechigner le cadeau d'une aiïeule qui est convaincue que vous chaussez toujours du trente quatre, comme lorsque vous aviez sept ans, c'est à dire à peu près à l'époque où, pour elle, le monde à cessé d'évoluer pour enfin se stabiliser à sa convenance). C'était un cadeau que je m'octroyais, sous la forme d'une paire de parenthèses encadrant un tout petit et délicieux espace ponctué de trois petits points .

On ne mesurera jamais assez l'intensité du plaisir que ressent celui qui décide de s'offrir une trêve, comme par exemple se remettre à sucer son pouce, se remettre à fumer, ou s'offrir un petit circuit électrique de formule 1 miniature pour Nöel (soit dit en passant , c'est peut être la meilleure façon de se débarrasser définitivement de ces petits vices : en effet, vous vous rendrez vite compte que votre pouce n'a plus le même goût qu'autrefois, que la cigarette vous fait tousser, et que les petits bolides déraillent tout le temps. Le temps a passé, le charme n'opère plus , vous allez donc pouvoir employer tout votre temps à la recherche de nouveaux vices : au fond,c'est peut être cela aussi, grandir).

J'étais donc dans mon jardin, allongé dans mon hamac en songeant délicieusement aux nouvelles névroses auxquelles j'allais pouvoir m'adonner. J'en étirais tout l'éventail, comme une broderie soyeuse sur laquelle miroitaient mille bulles de lumière. Cette occupation précieuse requiert de la part de celui qui s'y adonne un calme parfait afin que puisse se déployer le repos de l'âme et l'état de conscience nécessaire. Ca, tout bon dalaï lama vous le confirmera, je n'ai rien inventé. (vous pouvez lui demander, au dalaï, il habite pas très loin de chez moi, si vous voulez, je vous file son numéro de téléphone, dites lui que vous appelez de ma part, c'est un pote etc,etc,etc.).

Bref, tout était pour le mieux, sauf les mouches...

Car la mouche, être perfide, attend toujours son heure.

Elle sait attaquer l'être vulnérable au moment où il est le plus vulnérable.

Et j'étais vulnérable et la mouche m'attaqua.

Ou plutôt m'attaquèrent, car elles furent bientôt plusieurs.

D'où viennent elles?

Comment se fait il qu'il n'y en a aucune et que, tout à coup, il y en a plein?

Comment font-elles?

Comment font les mouches pour voler aussi vite et en faisant autant de bruit?

Avez-vous déjà essayé d'observer le vol d'une mouche?

Avez vous constaté à quel point il est stupide, désordonné, agaçant, illogique et sans objet?

C'est sans doute ce que vous vous êtes dit.

Certes.

Mais allons plus loin dans la réflexion.

Le vol de la mouche n'est ordonné que dans le simple but d'incommoder l'honnête homme.

La mouche n'est jamais là où l'on croit qu'elle est . A peine posée, déjà envolée.

Elle est déjà à côté, inécrasable, ou, encore pire, sur votre nez.

Que faire, sinon s'armer?

Ne pas hésiter à réunir l'arsenal entier de la guerre anti mouche: tapettes, bombes aérosols, pièges et même, papier tue-mouches.

Ce que je fis.

En m'octroyant, esthète, une légère concession à la nostalgie pour le cinéma exotique de la période d'avant guerre. En effet, le papier tue-mouches fait partie des accessoires obligatoires pour suggérer une ambiance torride, au même titre que le ventilateur de plafond, le cactus dans un coin de l'écran ou le verre de whisky à moitié vide sur le rebord d'un piano.

J'en plaçai deux rouleaux, disposés suivant les règles strictes de l'art de la guerre : à savoir un à chaque extrémité du salon (oui, est il nécessaire de le souligner, j'avais depuis longtemps abandonné mon hamac et porté la lutte jusqu'à l'intérieur de ma demeure : cela s'appelle la guérilla domestique).

D'autre part, chacun sait que le papier tue-mouches est exclusivement une arme d'intérieur : il n'y a pas de plafond dans la nature.

Voilà.

Sur la suite je voudrais passer avec pudeur, sans m'étendre plus en avant sur les causes et les circonstances.

Toujours que je me suis retrouvé, un jour que nous avions des invités (Pénélope Cruz et cet excellent acteur américain dont j'oublie toujours le nom, mais peu importe) à la maison, les cheveux capturés et emberlificotés dans le papier tue-mouches, pris au piège que j'avais moi- même dressé.

Mais comment, direz vous?

A la suite d'une passe d'arme avec une mouche au cours de laquelle j'essayai de la diriger, à grand renfort de geste circumambulatoires et aériens, vers le piège collant.

D'où la situation extrême où je me trouve maintenant, me voici doublement pris dans un piège définitif, puisque haïr la mouche et le papier tue-mouche, c'est haïr en même temps la maladie et le remède qui permettrait d'en guérir.

Coincé entre la maladie et des remèdes bourrés de contre-indications et d'effets secondaires non désirés, ceci est bien à l'image de l'absurde situation de l'homme contemporain qui se débat entre les délices de ses névroses et sa volonté de s'en sortir.

Depuis, j'ai fait construire un plafond au dessus de mon jardin et je me suis tondu le crâne.


jeudi 21 mai 2009



Un mail de mon ami Prudence Petipas

Je suis un héros!!!
Tu ne me croiras jamais, mais je viens d'occire un serpent qui était entré dans le salon.
De mes propres mains et n'écoutant que mon courage, aprés une lutte sans merci, un corps à corps sauvage, j'ai eu le dessus sur le monstre satanique.
Oui. Je l'ai immobilisé à l'aide d'un balai en criant à mon fils de m'amener la premiere arme qu'il trouvait et c'est donc avec la planche à découper que j'ai écrasé le monstre.
J'ai sauté plusieurs fois dessus à pieds joints pour etre sûr que le travail était bien fait. Lorsque j'ai soulevé la planche, j'ai compris que ce que j'avais pris jusqu'à présent pour une planche à découper n'était rien d'autre qu'une planche à écraser.
Je suis grand et beau, mon regard d'acier transperce ce qu'il croise, mes muscles saillants dansent le boléro à chacun de mes mouvements, mon âme est d'airain et mon courage sublime : je suis le parangon du "chef de famille", celui qui est prêt à braver la mort à chaque instant pour sauver les siens. Ce soir, j'entourerai d'un bras de marbre les épaules de ma compagne, de mon épouse et je murmurerai : "Ne t'inquiète pas, je suis là..."
Alors, elle s'endormira et je resterai éveillé, à guetter les bruits de la jungle...

A suivre ...

Prudence et le papier tue-mouches collé/emmêlé dans les cheveux

Prudence et le lérot dans la cuvette des WC

Prudence dérange un nid de frelons en allant voir une expo dans un château

Prudence assiste à tout un vernissage avec des glaçons sur le crâne

jeudi 14 mai 2009

Je n'aurais jamais du inviter Eric* à venir jouer de la guitare avec moi ce soir. Au bout d'une minute de «River of tears», je pleurnichais comme une nouille (j'étais triste) et lui il pleurait de rage (je joue comme un pied). La prochaine fois j'invite les Beach Boys.

(*Clapton)