mardi 26 juillet 2011

Des mots pour ne rien dire

Convocation chez mon directeur à 14H. Il a commencé à dire des mots que j'ai écoutés avec patience : cépomme, panneaux photovoltaïques, GPEC, contrats, formation, tu as raison, forage de puits, chaudière à gaz, je compte sur toi, bordel, dossier, extension du réseau informatique, états d'âme, organisation, acter ...

Pendant ce temps, je rêvais : roses, pivoines, coucher du soleil, iris verts de ma princesse, papillons, vacances, guitare, piña colada, cerises, coquelicot ...

Au bout de deux heures, il m'a interpellée : alors, tu en penses quoi ?

J'ai sursauté, étonnée, mais avant que je puisse lui répondre : poêle à frire ou scie à métaux, il a repris : échéances, évaluation, pilotage, encadrement ...

samedi 23 juillet 2011

Mon père s'ennuie...

Hola. Mamán et moi on s'ennuie aujourd'hui comme deux huîtres mortes,
Nous sommes seuls, car Véronique est venue chercher Irene pour aller a la foire. Dis a Isabelle qu'elle envoie les enfants par E.mail, même si eux veulent rester.

De gros bisous pour tous.  A bientôt

Papuchi et Mamuchi

vendredi 22 juillet 2011

Time for a new challenge...

Ce matin au boulot, j'ai reçu un mail d'un de nos clients intitulé "Time for a new challenge".

Dans ce message, Alexandre Biduletruc m'informe en anglais qu'avant de quitter sa fonction au service des fournisseurs, il tient à me remercier pour tout le plaisir qu'il a eu à travailler avec moi, et qu'il espère que l'avenir lui réserve d'autres occasions de le faire. Et aussi qu'il me souhaite plein de bonnes choses.

Après un petit moment d'attendrissement et d'émotion, je me suis ressaisie et rappelée que mes seuls contacts avec lui ont été des échanges de lettres recommandées avec accusés de réception assez musclées.

Comme il s'agit d'un très très gros client (un fabriquant d'avions), j'ai résisté à l'envie de lui répondre en espagnol (parce que je ne connais ni le chinois ni l'arabe).

Mais cela m'a été difficile.





mercredi 13 juillet 2011

Orage

Hier soir, à la terrasse du restaurant, la soirée était douce. Avec Sergueï, notre princesse et son amoureux, bien à l'abri sous l'auvent, nous avons dîné en regardant tomber des trombes d'eau. A chaque coup de tonnerre, Caroline se blotissait contre son père, ravi et gâteux.

Un éclair plus fort que les autres a éclairé le regard de Caro et j'ai dit à Maxence : "elle a de beaux yeux, hein?"
Il m'a répondu, tout aussi gâteux que Sergueï : "ouais, je la trouve belle"

Aujourd'hui, je sais pourquoi Max, grand rationnel épris de symétrie et autres choses bien rangées, aime Caro.

Elle a les yeux parfaitement symétriques.

C'est l'opticien qui l'a dit.

vendredi 8 juillet 2011

Rugnon

A notre réunion générale de ce matin, il y avait à peu près tout le monde. Il faut croire que quand la convocation est très compliquée, les salariés font l'effort de comprendre.

Marie-France est une comptable qui a passé la soixantaine et qui a travaillé 5 ans dans l'armée, j'en ai déjà parlé ici. Une dame respectable habillée en jogging et avec des chaussettes sexy. Et bien elle est arrivée avec ses lunettes de soleil et s'est installée à côté de moi. Je lui ai demandé si elle avait mal aux yeux et elle m'a répondu :

"Non mais je déteste ce genre de réunions, ça m'endort. Si je garde mes lunettes de soleil, je peux dormir tranquille. La dernière fois j'avais amené mon casque et j'ai écouté un match de foot."

A un moment, sa respiration régulière m'a confirmé qu'elle dormait vraiment. Sacrément gonflée, hein ? 

mercredi 6 juillet 2011

Ouikenne à la mer

Rien de tel qu'un ouikenne à la mer avec les copains pour recharger les batteries.

Même s'il ne fait pas beau.
Même avec la panne de voiture de Domi et Mimi.
Même si les cartes postales pour les absents ne sont jamais arrivées.
Même si j'ai perdu presque tous les tournois de backgammon et de 5000.
Même avec le ménage à faire avant de quitter les logis.
Même si on se prend les embouteillages au retour.

lundi 4 juillet 2011

Embrouillamini

A mon boulot, quand on veut organiser une réunion générale du personnel, c'est un peu compliqué.  En tout, on est 230 et il y a 4 catégories de personnel. Pour éviter d'entrer dans les détails, je vais les appeler A (35 personnes) , B (142 personnes), C (8 personnes) et D (45 personnes).

L'autre jour, et parce que je passais dans le couloir au moment où ça lui est venu à l'esprit, le directeur m'a demandé de convoquer deux catégories de personnes à une réunion générale, les A à 9h30 puis les B qui nous rejoindront à 11 heures. Les C peuvent rester chez eux toute la matinée et les D quitter le boulot à 11h.

4 notes de service, donc.

Puis une semaine plus tard, il a fallu annuler la convocation des B. Ils seront convoqués deux jours plus tôt à 14 h avec en plus les D.

1 autre note de service, donc.

Puis une semaine encore plus tard, l'heure de réunion des B et D a changé, ce ne sera plus 14 h mais 16 h.

1 autre note de service, donc.

Entre ceux qui ne savent pas lire, ceux qui perdent les papiers et ceux qui ne comprennent rien, on n'est pas sortis du bois.

Je suis impatiente d'être à mercredi et vendredi prochains, pour savoir qui va se présenter à quelle réunion.

vendredi 1 juillet 2011

Empoté du matin : chagrin.

Certaines personnes réveillent le monstre qui est en moi.

Le Dalaï Lama m'a expliqué un jour que ce sont eux qui te font progresser dans la vie.

Alors je vais essayer de tester ma capacité de compassion et de bienveillance pour cet imbécile empoté et arrogant de chez SFR que j'ai eu au téléphone ce matin.

Ca va être difficile.

jeudi 30 juin 2011

Marcel

Marcel est le clochard du quartier. Il salue les passants tous les jours avec bonne humeur. Ce matin, je l'ai vu en colère, dans la queue du Lidl.

Il avait posé deux cannettes de bière sur le tapis de la caisse quand la dame qui le précédait lui a dit : "Vous feriez mieux de boire de la limonade".

Il a alors tapé un grand coup sur le tapis : "Dis-donc, je bois ce que je veux et je t'emmerde"

La dame a attrapé les cannettes et a exigé des excuses.

Marcel a répondu avec une grosse voix éraillée qu'elle pouvait se mettre les excuses dans son cul.

Un monsieur est intervenu et tout est rentré dans l'ordre.

J'ai alors posé mes deux boîtes de glace et mes plaquettes de chocolat sur le tapis et lancé à la cantonade :

"Je n'aimerais pas que la dame me dise que je ferais mieux de manger des haricots verts"

Ca a détendu l'atmosphère, Marcel était tout content, et moi aussi.

mercredi 22 juin 2011

La fin des haricots

Ce soir je me suis filmée en train de jouer de la guitare.

Mazette, ça vaut le coup d'oeil (à défaut du coup d'oreille).

Je joue comme si j'étais une institutrice de CP qui racontait une histoire à ses élèves : très appliquée, très concernée, très précise, très articulée...

Evidemment, c'était aussi très moche et très ridicule.

Comment je vais faire, maintenant ?

mercredi 15 juin 2011

Tchip

L'hiver 1985 a été très froid. Tchip était très frileuse et n'appréciait pas que je baisse le chauffage avant d'aller me coucher. Pour se venger, au milieu de la nuit, elle venait se coucher sur mon cou, mettait son nez sur le mien pour respirer mon air chaud et ronronnait très fort.

Je me réveillais complètement oppressée avec le cauchemar d'être poursuivie par un camion. 

Des fois, c'était pire. Elle se glissait sous ma couette et au moindre de mes mouvements, elle m'attaquait sauvagement comme si j'avais été une souris.

Heureusement, je gardais mes chaussettes.

mardi 14 juin 2011

Insectes

Avec mon ami Prudence Petipas, quand on se promène dans la campagne, on a chacun un petit nuage de moucherons au-dessus de la tête et qui nous suit partout.
Les autres, les pauvres n'ont rien du tout, ils ne doivent pas sentir la rose.

Avec Prudence, quand on fait la sieste dans le jardin, on se fait piquer par des bêtes.
Les autres ne se font pas piquer, les pauvres, ils ne savent pas faire la sieste.

mercredi 8 juin 2011

No regrets

G., le directeur technique et commercial de ma boîte est un gougnafier, un parfait malotru, du style à manger en face de toi la bouche ouverte ou à se curer les dents avec un post-it qu'il te pose ensuite sur le bureau.

Nous entretenons des rapports plutôt tièdes.

Ce matin, il m'a surprise. Alors que je fouillais en vain mes poches pour mettre des pièces dans la machine à café, il a couru m'en chercher dans sa voiture.

Du coup, je regrette un peu moins de lui avoir sauvé la vie il y a quelques années, en lui mettant une grande beigne dans le dos alors qu'il faisait une fausse route alimentaire carabinée.


mardi 7 juin 2011

Genoux


En rentrant du boulot ce soir, j'ai entendu à la radio un parfumeur faire la recommandation suivante :

"En cas de tristesse ou de déprime, au lieu d'allumer une cigarette de prendre un cachet ou de boire un coup, passez-vous la main sous l'aisselle et sentez. Vous vous retrouverez et cela ira tout de suite mieux ""

Personnellement, sans savoir que c'était pour me retrouver, et du plus loin que je me souvienne, j'adore l'odeur de mes genoux. Et aussi de mes bras, là où le duvet devient blond l'été.

C'est un mélange de grenier à blé, de chaux et de sable. C'est la même odeur depuis mes sept ans et elle résiste à toutes les savonnettes.

 Si j'étais Proust, je raconterais ça drôlement mieux.


lundi 6 juin 2011

Tchip

Quand j'ai connu Sergueï, il n'aimait pas les chats. Résultat : son appartement était le seul du quartier où mon chat n'avait pas le droit d'entrer.

Et celui où toutes les souris du voisinage se donnaient rendez-vous.

Sergueï aimait encore moins les souris que les chats. Je me souviens d'une soirée à chercher Tchip (mon chat, en fait une petite chatte écaille de tortue) partout dans le quartier.

Tchip n'étant pas rancunière, elle a tout de suite adoré Sergueï et passé chez lui le plus clair de son temps, y chassant toutes les souris. Et pour le remercier de ce magnifique terrain de jeux, elle lui ramenait régulièrement des pigeons morts sur sa moquette.

lundi 30 mai 2011

Course

Quand je fais les courses dans les magasins, même si je ne suis pas pressée et sans aucune raison, je vais toujours le plus vite possible.

C'est idiot parce que je me retrouve parfois avec des produits dont je ne sais pas trop quoi faire et que j'ai pris pour un autre.

Les derniers en date :
. des pastilles anti-calcaire à la place des pastilles pour le lave-vaisselle
. un produit étrange qui ressemble à du beurre mais qui n'en est pas et en plus pas du tout appétissant


samedi 28 mai 2011

Déménagements

J'ai toujours adoré changer les meubles de place. Tant et si bien que Sergueï a placé des roulettes sous tous les meubles.

Et puis un jour, on a trouvé la place idéale pour chaque chose. J'ai bien tenté quelques déménagements mais c'était plus moche et moins confortable.

Depuis, je m'ennuie.

Ya du mou...

Je suis toute ramollie.

L'autre jour, je suis allée m'acheter des vitamines à la pharmacie. Quand le monsieur m'a proposé des vitamines "senior", je lui ai dit qu'il n'était pas très gentil.

Du coup, je me sens encore plus ramollie.


(J'ignore pourquoi cette histoire que j'avais écrite il y a plusieurs semaines est remontée toute seule à aujourd'hui)

vendredi 27 mai 2011

Secrets

Dans ma boîte, on pratique la culture du secret. Comme j'ai des copines bien placées, je suis souvent au courant.

Garder les secrets, je sais.
Faire comme si je n'étais pas au courant, je sais aussi.

Là où ça se complique, c'est que les mêmes infos me sont souvent confiées par des personnes différentes. Et parfois je m'embrouille et je ne sais plus d'où me vient le secret ou si je suis censée être au courant.

- Rosana, tu sais que le service Bidule va déménager
- Ben oui, tu me l'as dit hier
- Mais non, je viens de l'apprendre, qui te l'a dit ? Tu aurais pu m'en parler.


ou encore :

- Tu sais qu'un nouveau directeur vient d'être nommé au service Truc ...
- Ah bon ?
- M'enfin Rosana, je t'en ai parlé quand tu es passée la semaine dernière


ou encore, le directeur nous convoque :

- Bon, l'information que je vous ai donnée hier, vous faites comme si je ne vous avais rien raconté parce que le DG nous a dit que tant que rien n'est officiel, il ne faut pas en parler.

J"adore connaître des secrets.

jeudi 26 mai 2011

Mercredi doux

Hier après-midi, je suis allée retrouver Caroline en ville. On y a rencontré ses copines.

Il y avait Natalia au délicieux et léger accent ukrainien, Vanessa à la voix grave d'animatrice de radio de nuit et Déborah (je ne suis pas sûre du prénom mais ça rime) de toute évidence une grand-bretonne.

Ma princesse me propose tout d'un coup de les accompagner à la fac parce qu'elles ont des trucs à imprimer. J'étais ravie, tu penses bien, alors j'ai tapé l'incruste, telle une matrone de pensionnat  chaperonnant ses ouailles.

Je les ai trouvées belles, mes quatre poulettes, j'étais fière.

Merci ma puce. (pense à prendre RV chez l'ophtalmo)