jeudi 25 mars 2010

Quand il fait beau et par grand vent, je vais m'asseoir au jardin des plantes,  je ferme les yeux et j'entends la mer :

- brouchhhhhhhh
- ffffffffffffffffffffffff
- brouchhhhhhhh
- ffffffffffffffffffffffff

et je sens même les embruns.

La nouvelle mode à Toulouse, c'est de fermer les jardins quand il y a du vent.

C'est nul.


mercredi 24 mars 2010

Décodage <3

Là où certains ne verraient qu'un énigmatique "supérieur à 3", voilà ce que je lis quand ma princesse me laisse ce genre de message :

"Salut mam, j'ai pas trop le temps là, entre la fac, la crêperie, les visites d'appartements et le permis de conduire, je cours toute la journée. Mais quand même, je prends le temps de t'envoyer un petit coeur renversé pour te dire que je t'aime fort. Caroline."
 
Je suis forte, hein ?

mardi 23 mars 2010

Le problème, quand on est superstitieux, c'est que tout peut être un signe ou un présage, bon ou mauvais.
Princesse repasse le permis de conduire demain. Dois-je lui souhaiter bonne chance et lui dire que je pense très fort à elle ou cela porte-t-il la poisse ?
Dois-je l'encourager : t'inquiète pas, c'est sûr tu vas l'avoir, ou la rassurer : t'inquiète pas, si tu le rates ce n'est pas grave?
Il paraît que quand on est une mère, quoiqu'on fasse, on fait mal. Alors je ne fais rien. Mais est-ce que c'est mieux?

Décidément, j'ai beaucoup de doutes, ce soir.

Que tu réussisses ou pas, je t'aime pareil princesse.


lundi 22 mars 2010

Ce soir, en rentrant du boulot, j'ai réalisé qu'il ne m'arrivait plus rien de drôle à raconter ici et je m'apprêtais à poster ma recette de gâteau au chocolat qui tue sa mère quand le téléphone a sonné. D'habitude je ne décroche pas pasque j'en ai marre qu'on me propose des vérandas, des meubles TV ou des contrats d'assurance.
 
Ce soir j'ai décroché et à l'autre bout du fil, Alain, mon ex-collègue à la retraite, complètement torché à 18h45.
- allô ?
- Bleuhaiiiiiiii....
- oui ?
- Blohanaaaaa ?
- c'est toi Alain ?
- aaaaahhhhhh ?????? du me reblonnais ?????
- ben oui, dis-donc ça n'a pas l'air d'aller très fort toi ...
- bleuuurrrhhh, tu blapelh jamai, jle beu grever du tan fou ... marrhhhe
- si tu m'appelles pour m'engueuler, je t'arrête tout de suite, j'ai pas envie
- bleuuuhra, duveuba vinir didé gébloah, je dinvite géblenvi dede voirh et doidu banvoigier bleurrhhh

J'ai beau avoir envie d'être gentille, au bout de dix minutes je craque :
- bon allez, je te laisse, je dois enfourner mon gateau, rappelle-moi quand ça ira mieux, d'accord
- Gouah????????? bézavadrébien, alé jdabel pludarrhhh

Quand j'ai raccroché, j'étais furax. Je déteste qu'on m'oblige à être méchante.
La recette de mon gâteau, ce sera demain.

jeudi 18 mars 2010

Ce soir, l'assistante des ressources humaines entre dans mon bureau : "ah non hein, j'en ai marre de cette boîte de fous Rosana, maintenant on trouve des barrettes de shit dans les toilettes".

- ah bon? t'es sûre ?
- t'as qu'à venir voir
... on ramasse le truc suspect avec un bout de papier au cas où ce soit un bout de crotte, on le gratte, on le renifle du bout du nez... et ben oui, je confirme, c'était une barrette de shit.

En tout cas, pas eu besoin d'y goûter pour détendre l'atmosphère, on a bien rigolé.

mercredi 17 mars 2010

On vit chacun les excentricités, les abus, les brimades ou les assauts de zbb comme on peut.

La plupart de mes collègues le font avec souplesse et philosophie. Comme on le sait, je n'y suis jamais arrivée, malgré une lecture assidue de Sénèque, le Dalaï Lama et autres stoïciens.

Et puis il y a mon nouveau directeur qui a une manière très personnelle de résister. Quand il est dans l'oeil du cyclone, il trimballe dans son cartable un dossier épais de 5 cm et hurle à qui veut l'entendre (sauf au principal intéressé évidemment), qu'il va aller voir son avocat. Et quand il en sort, oh jamais très longtemps, il lui fait de grandes déclarations d'amour : "en fait il a raison, je l'aime, on partage 30 ans d'histoire commune, c'est un homme extraordinaire".

On peut imaginer à quel point il est devenu dingue, et ce que ça peut donner en réunion. En ce moment, sa marotte, c'est de citer Marx, Houxley et Hitler dans de grandes envolées lyriques tel un illuminé hystérique. Alors tout le monde lève les yeux au ciel "ça y est, il est reparti".

Ce matin, c'était la quatrième réunion sur ce registre, et comme j'en avais marre de ces citations hors de propos, je lui ai demandé s'il n'avait rien lu de plus actuel, parce que depuis Marx, des gens très intelligents avaient écrit plein de trucs.

C'est le genre d'intervention que zbb aurait détestée, il m'aurait clouée au pilori et réuni un tribunal stalinien (ah Marx, si tu savais!) pour organiser ma repentance.

Mais ce matin, tout le monde a rigolé, même le directeur en question qui m'a demandé de lui prêter des bouquins.

Je suis super balèze en animatrice.

mardi 16 mars 2010

Depuis 10 ans, je croise régulièrement le matin M. Petit, mon voisin du 3ème (très mal-nommé puisqu'il est grand et baraqué),  sans plus d'échange qu'un bref signe de tête pour se dire bonjour.

Ce matin, il m'interpelle tout sourire avec un cordial et sonore "Bonjour, vous allez bien ?". Je me suis adossée au mimosa (en fleur) pour ne pas tomber à la renverse.

Puis, il a continué : "j'adore votre nouvelle voiture, elle est magnifique, je veux la même". Il avait l'air sincère, j'ai cru qu'il avait picolé.
 

dimanche 14 mars 2010

Simon s'occupe de la maintenance de notre ascenseur.
 
Quand il passe, il change le petit papier avec la date et son nom, avec un petit coeur sur le i. Et des fois il met un petit commentaire : aujourd'hui c'est le 9 mars et il neige.

C'est plutôt mignon, pas vrai ? En tout cas, ça égaye notre voyage dans la cabine verte qui donne inévitablement l'air blafard.

mardi 9 mars 2010

 
Il y a une dizaine d'années, vous êtes arrivée en contrat qualif', toute jeune, les cheveux courts et violets et trois piercing sur votre bonne bouille de bébé nounours.
Vous avez éveillé l'instinct maternel chez plusieurs de vos collègues, et sans doute  votre statut de petite fille du président y est-il pour quelque chose.

Aujourd'hui, vous avez en plus à votre actif : dix années d'expérience, deux enfants, quinze kilos et vingt centimètres de cheveux. Pourtant, vous en êtes encore à alterner : bouderies, distribution de bonbons, caprices, petits cadeaux et, à la moindre remarque du directeur, à la moindre contrariété, vous partez pleurer dans le bois et attendez que vous rejoigne une de vos "mamans" pour vous consoler.

Prenez garde, vous prenez le risque de devenir une vieille sale gosse.
 
 

samedi 6 mars 2010


L'autre jour, j'ai revu "Le vilain petit canard".

Ca m'a fait encore plus pleurer que "Bambi" ou "Sur la route de Madison".

jeudi 4 mars 2010


Je ne suis pas rancunière, pas du tout.

Mais je n'oublie rien. Rien de rien. C'est flippant, surtout pour Sergueï à qui je ressors régulièrement des vieilles histoires.

"Arrête de me casser les pieds parce que les patates sont trop cuites, m'en fiche, tu as bien laissé une fois le four au gaz allumé pendant tout un week-end" (ya 20 ans)

"Et alors, je peux bien renverser toutes les saucières que je veux sur le tapis, toi tu as bien laissé le fer à repasser branché pendant une semaine" (ya 18 ans)

"Ben oui, j'ai un peu cogné le pare-chocs contre un mec devant, mais arrête de râler, toi tu l'as bien éraflé l'autre fois en sortant du parking" (ya 5 ans)

Et Sergueï, il est bien embêté parce qu'il oublie toujours tout. N'empêche, il est un peu dangereux dès qu'il touche une gazinière ou un fer à repasser. Heureusement qu'il joue bien de la guitare.
 
 

mercredi 3 mars 2010

 
Vous animez une réunion à la place du directeur qui a été retenu.
 
Votre collègue Q.I.160 vous contredit avec aplomb et vous sentez l'assemblée prête à  se ranger de son côté.
 
Un des avantages à travailler avec des gens intelligents, c'est qu'ils prennent les autres pour des imbéciles et qu'il est ma foi très facile, même avec un Q.I. de 80, et pour peu qu'on connaisse bien le dossier, de les faire passer pour des benêts qui n'ont rien compris au film.
 
C'est sûr, vous avez manqué de tact, mais en deux mots vous avez regagné l'assemblée et pu terminer la réunion dans une relative sérénité.
 
Dans le même temps, vous vous êtes fait une ennemie jurée (ce qui en fait deux avec zbb).
 
Mais cela ne va pas manquer d'alimenter votre inspiration pour de nouvelles zistoires.
 
 

lundi 1 mars 2010


Tu sais quoi ? L'autre soir, on a improvisé une soirée télé entre copains. C'était la première fois. Remarque, on avait une bonne raison ; la filleule de Mimi était nommée dans la catégorie des premiers films. Ca a commencé un peu sinistre, plein de gens qui avaient l'air de se demander ce qu'ils faisaient là (pas nous hein, nous on attendait la daube de sanglier de Marc qui mijotait).

On était tous très concentrés à essayer de reconnaître Léa dans la foule... et puis on l'a aperçue et... CATASTROPHE, Mimi qui voulait enregistrer a appuyé sur le mauvais bouton et tout s'est éteint. On a mis un quart d'heure à retrouver l'image et à arrêter de rigoler.

Puis on a trouvé que les dames portaient des moches robes qui leur donnaient l'air d'un tube de dentifrice, sauf L. Casta qui avait l'air de ne rien porter du tout et qui en était très gênée.
 
Après, on a trouvé qu'Isabelle Adjani ressemblait à Monica Belloutchi et qu'elle avait l'air très bête. On a aussi trouvé que Domi ressemblait à Sean Penn, sauf Jean-Mi qui trouve qu'il ressemble à Aznavour. Moi j'ai mis du rouge à lèvres pour ressembler à Létissia Casta, mais Sergueï n'a pas été convaincu. Il était pour sa part très intrigué par Charlotte Gainsbourg qui ne ressemblait pas du tout à la photo de la pub sur l'affiche du parfum.

Une soirée télé, même avec un mauvais programme où le film de Léa n'a gagné aucun prix, même avec Isa qui s'endort sur le canapé, même avec JMi qui a froid pasqu'il est malade, ça peut quand même être chouette.



Quelqu'un pourrait m'expliquer pour quelle raison on dit d'un gâteau très très bon, qu'il tue sa mère ?

(pour compenser la faiblesse du scénario, je mets une jolie photo de l'étang du paysan)


vendredi 26 février 2010

Je me suis enfin décidée à entrer dans un magasin pour les sourdes oreilles et en suis ressortie avec un dossier sur lequel est écrit en gros un truc du genre : Audition Santé. Ils auraient pu faire plus discret mais bon, j'assume (enfin presque).

En traversant le pont, une voix me dit : "bonjour madame, vous êtes charmante, on peut venir avec vous?".

Comme je l'ai raconté dans ma zistoire du 7/6/09, je suis une petite à lunettes, de bientôt 50 ans et le dossier de sourdingue à la main devait ajouter du glamour (c'est comme ça qu'on dit maintenant).

J'éclate de rire au nez de deux grands jeunes hommes ahuris : "n'importe quoi, hein !". Le plus déluré me répond : "non ? ben tant pis, vous ratez quelque chose".

En tout cas, j'ai un peu honte mais ça m'a remonté le moral.

 
Grâce à Sylla qui m'a expliqué avec patience qu'il n'y a rien de plus agaçant qu'une mère qui pense à tout et qui te donne quinze conseils à la minute, j'arrive à me retenir.

Quand même, des fois, je n'y arrive pas.

Et ça me vaut le regard courroucé ZX32 de ma princesse qui fout la trouille.
 
(Indy, si tu savais où j'ai retrouvé ce dessin...)

jeudi 25 février 2010

 
Ce matin, ma princesse était bien triste. Elle a raté son permis de conduire. 
 
Elle avait dit que si ça marchait, elle se baignait toute nue dans la fontaine de la place Dupuy. On a donc évité la peste, le choléra et la pécole, ouf.

Ca me fait penser à un médicament que j'ai pris un jour, et dont un des effets secondaires possibles était le brusque décollement de toute la peau du corps.

Tu imagines ça ?
 
Autant te dire que j'ai guetté la moindre boursouflure de ma peau du corps avec attention pendant toute la durée du traitement.
 
C'est la grève ...
 Sergueï ne pourra sans doute pas rentrer de Paris jeudi soir, merdalors.
* * *
Vous souhaitez obtenir quelque chose de Jacques mais il ne veut rien entendre et il est plus grand et fort que vous. Heureusement, il a un petit frère : Paul.

Vous allez donc harceler Paul le temps qu'il faudra pour faire céder Jacques.

Sans vous sentir coupable. Sans rien y voir d'immoral.

Je trouve que vous manquez cruellement d'imagination.

lundi 22 février 2010

 
Avec Sergueï, on a l'habitude de n'être d'accord sur rien. C'est fou le temps que ça prend avant de prendre une décision. La moindre couleur de peinture, le moindre endroit où poser une étagère donne lieu à des négociations sans fin.

Pendant longtemps, on a trouvé des compromis ; ce qui, il faut bien en convenir, présente l'inconvénient de ne satisfaire aucun des deux à 100%.

Comme je suis la moins têtue-bornée des deux, je continue à négocier juste pour la forme, parce que sinon, ça ne l'amuse pas. Puis je finis par trouver qu'il a raison, c'est beaucoup moins fatigant.

Des fois, je finis par être très contente de son choix, comme l'autre jour où j'ai réalisé en rentrant à la maison, que la voiture qu'on avait achetée était assortie à mon parapluie.
 
 

mercredi 17 février 2010

Une histoire sans queue ni tête

Ma quinzaine de lecteurs réguliers prend mes histoires comme elles viennent, des fois c'est drôle, d'autres fois moins.

Et puis il y a mon père, grand sceptique, inquiet et protecteur, que j'ai régulièrement au téléphone :
- Mais si, papa, c'est vrai de vrai, je te jure, je n'invente rien...
- Mais non papa, je ne suis pas dingue...
- Non papa, pas la peine de venir avec ton fusil, je me débrouille très bien avec zbb, je t'assure...


Il y a Indy qui ne doute jamais, pour la bonne raison qu'il lui arrive régulièrement des histoires encore plus drôles avec des mouches, des serpents, des frelons ou des loirs.

Et puis Sylla qui m'a envoyé pendant toute l'année 2009 des mails pour me dire qu'elle pensait à moi, et même que ça m'a fait beaucoup de bien.

Et puis B. qui découvre mon drôle de monde avec "éberluement".

Et puis Ftul toujours un peu agaçant avec ses raisonnements de psy.

Et puis le paysan heureux qui me prête ses belles photos et qui m'envoie régulièrement des sourires qui me font plaisir.

Et puis ma soeur Véro qui rit très fort  : JAJAJAJAJAJA. Mon autre soeur Isa n'aime pas lire, c'est bête, hein ?

Et puis Sergueï que je dois presque supplier pour qu'il me lise, tellement mes histoires avec zbb ou les mars glacés le mettaient en rogne (c'est fini, tu sais).

Et puis il y a, bien sûr, ma lectrice la plus assidue, discrète, exigeante et sans concessions :
- Cette histoire-là, j'ai pas compris, c'est même pas drôle
- C'est trop long, j'aime pas

Félicitations, princesse, bravo de faire partie des 28% qui ont réussi leur semestre.
Tu vales mucho, nena, no lo dudes.