jeudi 22 décembre 2011

Ma fée Clochette

En quittant le Galuchat tout à l'heure, deux clients disent en souriant à ma princesse : "merci beaucoup pour l'accueil, et aussi pour l'animation".

Ma princesse les salue à son tour, puis se tourne vers moi, l'air un peu perplexe : "je dois le prendre comment à ton avis, quand on me remercie pour l'animation ?".

Il faut croire qu'elle ne voit pas son sillage de petites étoiles quand elle circule entre les tables.

mardi 20 décembre 2011

Cordonnier

Depuis que ma princesse avale les kilomètres à pied et use plusieurs paires de chaussures par an, je vois régulièrement le cordonnier du quartier.

Il arrive chaque fois à me surprendre. D'abord, au lieu de prendre une mine réjouie et de se frotter les mains (comme le marchand de poisson de ma mère quand il la voit arriver) il a l'air tout ennuyé.

J'ouvre la porte, il arrive en traînant les pieds. Je pose les chaussures sur son comptoir et ses expressions sont un savant mélange qu'il a du mettre des années à peaufiner. A mon avis.

D'abord un air consterné, ahuri, genre : mais comment elle a fait cette folle pour faire ça à ses chaussures, je n'ai jamais vu ça ...

Puis il en prend une du bout des doigts, un peu méprisant et dégoûté (je les ai lavées avant, hein) : je ne vais jamais y arriver, elle me prend pour qui ?

A ce stade, je lui dis, un peu agacée : c'est impossible à réparer, je m'en vais ?

Il me répond du bout des lèvres : ouais, je veux bien essayer, mais bon, je garantis rien ...

Puis il m'annonce le prix, qu'il faut payer AVANT.

Et quand je repasse prendre les chaussures, il me surprend une nouvelle fois, elles sont comme neuves, mais il a l'air tout à fait épuisé, comme si la réparation avait pompé toute son énergie.

Je me demande si c'est un grand angoissé ou s'il justifie ainsi le prix de sa réparation. 



lundi 19 décembre 2011

Lutins

Je ne crois plus au Père Noël. Depuis longtemps, même.

Mais chaque fois qu'on me dit que les lutins ça n'existe pas, j'ai du mal. Pour la bonne raison que je les ai trouvés sur mon chemin plusieurs fois.

La première, c'était dans la forêt de Fontainebleau, ils chevauchaient de grands lézards verts.

Et puis aussi à Flourens, au bord du lac. Ils ramassaient des champignons dans la lumière rasante du coucher du soleil.

La dernière fois, ils jouaient de la cornemuse au cimetière.

Alors on peut me raconter ce qu'on veut, je suis sûre que les lutins existent, je les ai vus.




jeudi 15 décembre 2011

Western ?

Je croyais avoir acheté un livre de cow-boys.

Les deux premières histoires parlent de lutins islandais. Bizarre mais ça tombe bien, j’aime encore plus les lutins que les cow-boys.

Quand j’ai lu le titre de la troisième histoire : « Des aurores boréales à Toulouse », j’ai souri.

Quand j’ai compris qu’elle se déroulait à Sesquières, l’endroit où j’ai organisé les obsèques du poisson rouge de ma princesse, à cent mètres de mon boulot, j’ai pensé : ce n’est pas possible, il a été écrit pour moi, ce bouquin attrapé par hasard sur une pile en vrac…

Ca s’appelle « 38 Mini-Westerns ».

Pour l’instant, c’est tout ce que j’aime.

mercredi 14 décembre 2011

Tôt le matin


Comme j'ai fait une petite sieste hier soir devant la télé, ce matin, je me suis réveillée à 5h50 en pleine forme, et avec deux heures devant moi pour ma douche et mon petit déjeuner (j'aurais bien passé l'aspirateur mais il est trop bruyant).

J'imagine que chacun a mieux à faire que regarder Leymergie le matin... personnellement, j'évite les infos parce que ça me plombe la journée : massacre sur un marché de noël en Belgique, incendie dans une maison de retraite, deux vendeurs à la sauvette tués en Italie,  la crise etc.

J'ai été fascinée par le regard apeuré des collaborateurs de Leymergie. Leurs rictus : des tentatives pathétiques, crispées et ratées de sourires.

Il doit être très effrayant. 

lundi 12 décembre 2011

Choucroute

Samedi soir, on était 16 autour de la choucroute de Mimi. Il y en avait pour 30, alors j'en ai emporté dans une boîte (même pas honte).

Ce soir, j'ai mangé ma part, et celle de Sergueï qui est à Tours.

J'ai trop mangé.

Plus de place pour un Magnum.

Terrible.

jeudi 8 décembre 2011

Question du matin.

Hier matin, mon réveil n'a pas sonné. Je me suis réveillée à l'heure où je suis censée quitter la maison.
Juste le temps de prendre une douche rapide, pas celui de petit-déjeuner. En 30 minutes, j'étais prête. D'habitude, il me faut une heure et quart.

Est ce cela veut dire que d'habitude, je mets 45 minutes pour boire mon litre de thé ?

mercredi 7 décembre 2011

Scrogneugneu

Avec l’âge, j’ai appris à modérer mon impatience. Par exemple, si ma réunion d’hier avec un administrateur s’était déroulée il y a 5 ans, j’aurais interrompu ses propos vaseux au bout d’un quart d’heure : « bon, et si on avançait un peu là, hein ? on ne va pas y passer la nuit, non plus. »

Ce qui aurait été, je le conviens un peu impoli mais aurait présenté l’avantage de rendre la réunion efficace et d’abréger la séance.

Alors qu’hier, non seulement on y a passé la matinée, mais l’administrateur m’a trouvée si « délicieuse » qu’il a programmé trois autres réunions + une invitation à déjeuner.

Alors je me suis défoulée sur poulet n°1 qui m’a expliqué que je devrais être flattée que quelqu’un de si important prenne plaisir à travailler avec moi.

Comme j’étais furax, j’ai répondu que je n’étais pas flattée du tout et que c’était normal d’aimer bosser avec moi vu le nombre d’abrutis dans la boîte.

Ca l’a fait beaucoup rigoler.



mardi 6 décembre 2011

Pin-pon

J'aime les pompiers. J'admire leur courage, vraiment. Alors tous les ans j'achète leur calendrier et le feuillette avec consternation.

Difficile de faire plus moche.

Des publicités hideuses pour les commerces du quartier y côtoient des photos floues de pompiers et d'autres très effrayantes de catastrophes et cataclysmes divers.

La seule belle photo de cette année montre un pompier tout à fait découragé.

Sans doute vient-il de découvrir la maquette du calendrier 2012...

lundi 5 décembre 2011

Fin de soirée

Quand Sergueï a interpellé le jeune homme, debout sur le toit d’une voiture, j’ai rentré la tête dans les épaules et attendu la bordée d’injures qui n’allait pas manquer de suivre.


Il était une heure et demie du matin et on rentrait d’une soirée avec des amis (où on avait bien rigolé). Dans cette petite rue sombre, on était précédés par une bande de jeunes hommes éméchés qui renversaient les poubelles à grand bruit. Quand l’un d’eux est monté sur le toit d’une voiture et a commencé à sauter de l’une à l’autre...

Sergueï est intervenu, les mains dans les poches mais avec une grosse voix :
- ého, les garçons, franchement, vous trouvez que c’est raisonnable ça ?

Contre toute attente, le jeune homme en question s’est arrêté net :
- euh, non, c’est bête, je sais … désolé, je descends tout de suite.

Ses copains se sont approchés :
- vous savez, on n’est pas comme ça d’habitude mais on a un peu picolé

et Sergueï a conclu :
- bon, et bien c’est l’heure de rentrer à la maison maintenant. Et faites attention en traversant la rue.

Après, ils ont fait un petit bout de chemin avec nous, comme une bande de poussins bien sages.

Il est fort, ce Sergueï.

jeudi 1 décembre 2011

Glaces

Dans mon magasin, on ne vend plus de mars glacés. On les a remplacés par des magnum aux amandes.

Par boîtes de 6.

Misère.

mercredi 30 novembre 2011

Vieillissure

Je me croyais insensible aux compliments.

Dans ma boîte on les distribue à la pelle et les refuser me permet bien souvent d'échapper aux nombreuses tentatives de manipulation.

Ce matin, je me suis fait cueillir. Poulet n°1 m'a sollicitée pour un groupe de travail. Quand j'ai émis des doutes sur ma légitimité (en fait, je n'avais pas trop envie de me rajouter du boulot), il m'a convaincue avec un solide argumentaire et quelques compliments bien choisis.

Je me suis fait berner.

Je vieillis.

mardi 29 novembre 2011

Columbo

M. Bl. est un gentil monsieur, un peu gros, rigolo et débonnaire, au regard malicieux. C’est toutefois quelqu’un d’important : un administrateur.
 
 
Il plaisante volontiers avec moi quand on se retrouve dans les mêmes réunions au Siège. Il est passé ce matin dans mon bureau et entre deux plaisanteries, il a glissé qu’il viendrait le 19 janvier prochain pour analyser notre rapport d’évaluation.
 
 
Avec l’impulsivité et le manque de recul qui me caractérise quand je suis un peu stressée, j’ai réagi :

-          ah ben ça ne va pas être possible, pourquoi pas la semaine prochaine tant qu’on y est. Il faut d’abord que je voie avec mon directeur, on n’avait envisagé cela pas avant avril ou mai 2012, c’est quand même lui qui décide hein ?


-          euh, j’ai bien peur que non, Rosana, c’est le DG qui décide. Mais ne vous faites pas de mouron, vous allez pouvoir me raconter ce que vous voulez, je n’y comprends rien, il suffira de nous présenter les trucs dans un joli emballage, on  ne vous cassera pas les pieds. Tenez, je vais même vous dire les points sur lesquels on a prévu de vous chatouiller pour vous permettre de bien préparer notre venue …
 
 
Et il m’a fait un exposé brillant qui m'a laissée bouche bée.
 
 
J’ai pris l’habitude, en 15 ans de boîte, de bosser avec des nigauds qui se croient très intelligents et prennent de grands airs supérieurs. C’est la première fois, que je tombe sur une personne humble, qui dit de lui-même qu’il est un nigaud qui ne comprend rien, et qui me surprend par son intelligence.
 
 
J’ai eu l’impression de passer un moment avec l’inspecteur Columbo.
 
 
M. Bl. était commissaire de police.

vendredi 25 novembre 2011

Tuyaux (la suite)

Mon entreprise de dépannage recrute ses plombiers suivant des critères de taille. Ils sont tous très grands. Personnellement, je ne trouve pas ça très pratique pour se glisser entre les tuyaux.
Celui qui est passé hier était impressionnant. J'ai quand même osé lui demander un service, parce que je n'ai peur de rien :
        En attendant que la chaudière chauffe le radiateur, vous pourriez m'expliquer comment revisser le robinet de la cuisine, et me prêter vos outils ?
        Je peux même y jeter un coup d'oeil, montrez-moi.
        Si vous voulez mais vous ne pourrez pas vous glisser dans le placard sous l'évier.
        Pourquoi ? Vous trouvez que je suis gros ?
        Euh, non-non, c'est le placard qui est très petit, même moi j'ai du mal.
 
Il était très grand et très gros (et aussi très vilain et très sale), mais très souple. Et plutôt gentil parce qu'il m'a montré comment faire et l'outil à utiliser.

Encore deux ou trois tuyaux (héhé) et je me lance.

jeudi 24 novembre 2011

Tuyaux

J'aurais aimé être plombier. Ca me fascine tous ces tuyaux de circulation de l'eau. Et puis ça m'aurait évité d'avoir affaire à eux en cas de problème. Je les trouve en général incroyablement peu dégourdis.

Quand le plombier arrive chez moi, j'essaie d'être gentille pour qu'il ait envie de me dépanner bien comme il faut, mais je ne peux éviter d'avoir l'air méfiant et circonspect. Souvent, j'ai raison.

Depuis 5 ans qu'il entretient notre chaudière avec succès, Marcel m'a un peu apprivoisée et je suis moins crispée quand il arrive. Pourtant, quand il a changé le joint du radiateur qui fuyait, je n'ai pas pu m'empêcher :

- Vous êtes sûr de vous là ? parce que le joint que vous avez remplacé n'est pas le même.
- Oui, oui, la preuve : ça ne fuit plus.

N'empêche que deux jours plus tard, quand les premiers froids ont déclenché la chaudière, le radiateur fuyait dix fois plus. J'ai eu la chance de me trouver à la maison et que le plombier puisse venir dans l'heure qui suit.

Après un bref coup d'oeil, Nestor a conclu : "il faut changer la pièce, et puis ça ne va pas être simple parce que ce n'est pas très accessible". Mes sourcils ont parlé pour moi et sans que j'aie prononcé une parole il a ajouté :

- Vous ne me croyez pas.
- Euh...
- Bon, je vais essayer un truc mais si ça ne marche pas il faudra changer la pièce.

Son truc a marché, et m'a coûté 73 euros.

Je vais envisager sérieusement une reconversion.

mercredi 23 novembre 2011

Anne


Autant j'aime les fables de La Fontaine, autant je n'accorde aucun crédit aux dictons, proverbes et autres expressions toutes faites.

Mon détesté entre tous est depuis toujours : "il n'y a pas de fumée sans feu".

Cela faisait six mois qu'Anne ne répondait pas à mes messages. Hier, j'ai appris son décès et son désir de réserver à quelques intimes la nouvelle de l'aggravation de sa maladie.

Depuis hier, mon détesté favori est : "pas de nouvelles, bonnes nouvelles".

Je suis bien triste.

mardi 22 novembre 2011

Tapisserie

J'aurais voulu trouver un rouge un peu moins ... rouge mais l'autre couleur était un jaune vraiment trop ... jaune.

Alors j'ai retapissé les chaises en super-rouge. Et comme il m'en restait, j'ai aussi retapissé les étagères. Il m'en reste encore assez pour les tabourets mais j'hésite.

Je me demande si Sergueï va aimer quand il rentrera vendredi soir.


lundi 21 novembre 2011

Botox ?

L'autre jour en sortant de chez le dentiste j'avais les deux côtés du visage paralysés par l'anesthésie.

Cela me faisait une drôle de tête. Les joues bien lisses et replètes et le menton et les yeux bien froissés.

J'étais toute moche.

dimanche 20 novembre 2011

Coquillages



J'aime les coquillages de mon amiLamy.

Les seuls capables de bruissonner comme un plumage de dindon qui fait le beau.

jeudi 17 novembre 2011

Un après-midi en ville

Je n'aime pas trop m'acheter des habits. Des fois j'y suis obligée parce que mes habits sont très fatigués.

Si je vais dans les magasins toute seule, je trouve que tout est moche et cher et reviens bredouille.

Si Sergueï m'accompagne, il trouve le premier truc que j'essaie magnifique, splendide et arrive à me convaincre de l'acheter. Après, je ne le porte pas parce que je trouve ça moche. Je le soupçonne de feindre l'enthousiasme pour en finir au plus vite.

Avec ma princesse c'est autre chose. D'abord, le plaisir d'être avec elle compense mes réticences à entrer dans les magasins. Quand même, au bout de trois magasins je trouve le premier truc que j'essaie magnifique et splendide. Mais elle ne me laisse pas faire et avec beaucoup de patience, elle m'explique qu'à mon âge, il me faut des tissus qui tiennent, des habits bien coupés et de jolies couleurs. Et surtout, une taille de moins que celle que je choisis pour être à l'aise.

En général, elle a raison. Le problème, c'est que pour porter les habits que j'achète avec elle, il faut que je me tienne droite, que je rentre le ventre et si je portais des talons ce serait encore mieux.

Merci princesse, pour cet après-midi.

Ta patience a été à la hauteur de ma mauvaise volonté.
Et grâce à toi, j'ai quand même fini par trouver ce beau pull rouge.

mercredi 16 novembre 2011

To be or not to be ...

Coup de fil de poulet n°1 :
- Rosana, j'ai laissé traîner mes zoreilles et j'ai entendu que tu étais pressentie avec deux autres personnes, pour le poste d'adjoint qui se libère à Machintruc. Je te le dis pour que tu sois prête quand on te proposera de postuler.

Machintruc est à un quart d'heure à pied de chez moi et il s'agira probablement de la seule opportunité de promotion avant longtemps.

Mais pas sûr que je sois tentée par un établissement qui a vu démissionner deux adjoints en six mois.

Pourtant, je m'entends bien avec le nouveau directeur.

Oui, mais l'équipe qu'il faudra encadrer est un vrai panier de crabes.

Pourvu qu'on ne me propose rien et que je n'aie pas à réfléchir, à hésiter, à décider ...

mardi 15 novembre 2011

Un 12 novembre au soleil

Notre amie Mimi a un point commun avec ma mère. Elle sait, au pied levé et en une demi-heure vous concocter un festin :

. spaghettis aux coquillages et petits légumes
. pinces de crabe
. grosses crevettes roses

Et le tout, sur sa terrasse, au soleil, un 12 novembre !

lundi 14 novembre 2011

Folie furieuse

Zebibi, qu'est-ce qui t'a pris de me téléphoner jeudi soir, pour inviter à déjeuner "comme au bon vieux temps" ?
Il y a deux ans, quand tu étais mon DG, puis mon président, je t'avais vomi à la face tout mon mépris pour tes coups tordus, refusé tes excuses à plusieurs reprises puis demandé mon changement de service... et maintenant que tu n'es plus rien, tu voudrais que je déjeune avec toi ?

T'entendre m'a fait l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. Le crocodile qui me serrait la gorge m'a juste permis d'articuler "je ne sais pas". Alors tu m'as demandé de réfléchir et de te rappeler.

Tu es dingue ?
Tu crois que j'ai oublié ?
Tu es maso ?
Tu crois que je suis dingue ?
Tu as fait un pari avec un pote ?

Aujourd'hui, je savoure le plaisir de savoir qu'un plus fort et mieux placé que moi t'a mis dehors à coups de pied. Le plaisir d'avoir échappé à tes crocs.

Quand tu rappelleras, je ne décrocherai pas mon téléphone.

Tonnerre de Brest. Je n'en reviens toujours pas.

vendredi 11 novembre 2011

My taylor is rich

J'ai toujours aimé l'anglais. L'écouter et le parler.

Je le parle comme une vache espagnole (les vaches françaises ne doivent pas mieux le parler, pas plus que les moutons allemands ou les chèvres italiennes mais on dit comme ça).

Il y a quelques années, Stephen m'a demandé si j'étais heureuse dans la vie. En anglais, pour la bonne raison qu'il ne parlait pas français. Le pauvre. Je lui ai raconté pendant un quart d'heure les raisons pour lesquelles on ne pouvait pas être heureux tant qu'il y aurait des bébés éthiopiens qui meurent de faim. En anglais.

Il faut dire que j'ai acquis l'essentiel de mon vocabulaire en écoutant les Beatles, du coup j'étais super à l'aise sur la question.

Enfin, pas sûre que j'aie été très claire, vu les regards consternés de Sergueï, et les sourires amusés et indulgents de Sylla.

Bref, ce soir, au Galuchat, à la table derrière moi, ma princesse devisait en anglais "fluently" avec des clients américains. J'étais jalouse.

Puis je l'ai entendue : "It's my mother." Je me suis alors retournée et un des gentils messieurs s'est adressé à moi, en anglais et m'a dit qu'ils venaient toutes les semaines au Galuchat pour profiter du joli sourire de la serveuse, et que je pouvais être fière parce que ma fille était épatante, plus d'autres choses que je n'ai pas comprises.

J'ai juste été fichue de répondre "merci". En français.

Demain, je me remets aux Beatles.



jeudi 10 novembre 2011

Dépitée...

- Salut Rosana, on m'a prévenu que tu allais m'envoyer à la pêche mais je voulais savoir si tu es mariée, heureuse et tout ça ou si tu accepterais de venir boire un coup avec moi.

- Euh, c'est gentil mais oui, je suis mariée, heureuse et tout ça et en plus, les grands jeunes hommes mal rasés, ce n'est pas trop mon truc.

- Oh mais ce n'est pas grave ça, les petites à lunettes ce n'est pas trop mon truc non plus d'habitude. T'es sûre que tu ne veux pas ?

- Va mourir. (snif) 

mercredi 9 novembre 2011

Perché ?

Ce matin, coup de fil de poulet n°1 :

"Rosana, il faut que je te raconte à quel point j'ai pris conscience de la différence de niveau entre moi et le reste du groupe de formation l'autre semaine. D'ailleurs, la formatrice me l'a confirmé, j'ai une manière de m'exprimer et des connaissances tout à fait exceptionnelles qui ont mis le reste du groupe en difficulté. J'ai vraiment au moins deux trains d'avance, c'est fou l'abîme qui nous sépare, on ne peut pas se comprendre, c'est normal que les autres aient du mal à me suivre...".

Il se donne vraiment du mal pour me convaincre de sa grande intelligence, au moins QI >250.

Mais ça ne marche pas avec moi, je le trouve très bête.

En même temps, j'aimerais bien comprendre pourquoi je l'aime bien. Je le trouve touchant de bêtise.


mercredi 2 novembre 2011

Promesse

Je promets ici à mon papa adoré et hyper-anxieux que si un jour j'ai un vrai infarctus, je lui téléphonerai avant d'écrire une histoire sur ce blog.

Ceci est valable pour toute autre mauvaise nouvelle.

Et si je n'écris pas trop en ce moment, ce n'est pas à cause d'une paralysie des doigts. Certes j'ai quelques cals sans gravité à ceux de la main gauche mais c'est à cause de ma guitare.

Pas non plus de paralysie du cerveau, juste une petite flemme. 

Voilà.

(une bise à mes lecteurs français, espagnols, américains, algériens, allemands, canadiens, belges, suisses et néozélandais - j'ai appris à consulter les stats de gougueule)

jeudi 27 octobre 2011

Thriller...

Ce soir, en rentrant de quatre jours de formation intense et riche en émotions, j'étais dans les embouteillages. Je me suis fait un film :

C'est bizarre ces fourmillements dans ma main.

Et puis c'est un peu engourdi, et ça monte jusqu'au coude.

Mince, c'est la main gauche, je suis en train de faire un infarctus.

Est-ce que j'ai mal ? non.

Est ce que ça irradie dans la poitrine ? non.

Ca y est, j'ai des vertiges. J'ai trouvé, c'est un AVC.

Pourvu que j'aie le temps d'arriver à la maison.

Remarque, ce serait plus malin d'aller directement à l'hôpital. Si je prends à gauche, là, j'ai le temps d'arriver à la clinique de Mimi, elle saura quoi faire.

Oh lala, de pire en pire les vertiges ... ého attention, les piétons là devant, au lieu de traverser n'importe où, je vais en écraser un, c'est bien ma veine, deux morts.

Purée, je tremble maintenant, je ne vais pas avoir le temps d'arriver à la clinique, je rentre à la maison, c'est à 300 mètres, pourvu que je n'écrase personne.

En plus j'ai dit à Caro que je passais au Galuchat ce soir, faut que je lui envoie un texto. Avant ou après avoir appelé le Samu ?

AAAAHHH, ça y est, j'ai l'épaule engourdie maintenant, c'est un infarctus + un AVC.

C'est possible, ça ?

Faut pas que j'oublie de respirer, comme ça j'aurai le temps d'arriver à la maison. Et puis si on doit me ranimer, c'est mieux qu'il y ait de l'oxygène partout dans mon sang.

En fait, je ne veux pas qu'on me ranime, pour finir dans un foyer d'accueil médicalisé, non merci, je préfère mourir tout de suite, au feu rouge, tiens."

Et puis j'ai décoincé ma ceinture de sécurité, la circulation s'est rétablie et tout est rentré dans l'ordre.

Je me fatigue.

mardi 25 octobre 2011

Stylo-plume


Au moment où ma prof de français de 5ème a présenté son plan, j'ai pressenti la catastrophe :

- Quelqu'un a volé le stylo-plume en or de Nathalie. Je vais vous demander de vous lever une par une et de prononcer la phrase "je n'ai pas volé le stylo-plume de Nathalie". On commence par Pascale, au fond.

Au fur et à mesure que les phrases prononcées se rapprochaient, bien articulées ou murmurées, un raz de marée se déchaînait en moi. Quand mon tour est arrivé, c'est dans une totale panique que je me suis levée, genoux et voix tremblants : "euh, .... c'est pas moi".

Je salue la clairvoyance de ma prof, un peu agacée parce que j'avais fait foirer son super plan. Elle m'a répondu rapidement : "oui, je sais, Rosana, tu peux te rasseoir".

Je me suis rassise, assommée de soulagement.

Comment analyser à l'époque, tout ce que cette scène impliquait ?

Aujourd'hui, j'en ai encore froid dans le dos.

lundi 24 octobre 2011

La nausée

Il y a des choses de la vie qui te poursuivent.

Parce que tu les as faites, ou pas, ou pas comme il aurait fallu.

Quand elles te rattrapent, parfois par surprise comme il m'est arrivé aujourd'hui, ça te donne la nausée.

Pendant ses 8 années d'école maternelle et primaire, ma princesse a mangé deux ou trois fois à la cantine. La dernière fois, elle m'a raconté le soir qu'elle avait renversé un verre d'eau et que la méchante dame lui avait donné une gifle.

J'aurais du le signaler à la directrice.

J'aurais pu aller voir cette dame directement, et pourquoi pas, lui mettre une gifle.

A la place, je me suis limitée à rassurer ma princesse et à ne plus la faire manger à la cantine.

Pour quelle raison n'ai-je pas réagi ? Je ne le sais plus aujourd'hui et je m'en veux.

Ma princesse a-t-elle pensé que j'étais lâche ? que je n'étais pas à la hauteur ?

Quel souvenir a-t-elle gardé de l'incident ?

J'aimerais en reparler avec elle.

jeudi 20 octobre 2011

Le Galuchat - saison 3

C'est avec plaisir que je suis retournée ce soir au Galuchat, où ma princesse entame sa troisième saison.

J'y ai retrouvé :

. les galettes,
. le cidre,
. le présentoir à revues,
. ma table préférée, la plus près des virevoltes de la fée Clochette
. les échanges complices de ma petite fée avec Philippe, son patron.

Et puis Caroline m'a présenté une cliente : voici ma maman et voici ma copine Martine.

Martine fait partie d'un club de lecture et raconte ses derniers livres à Caroline. Qui elle-même lui raconte que les livres qu'elle aime, elle peut les lire 3 à 5 fois. Martine m'a dit "bonsoir maman". Je ne lui ai pas répondu "bonsoir ma fille", parce que Martine a presque l'âge d'être ma maman à moi, mais j'ai trouvé que Caroline avait des copines sympas.

Sur le chemin du retour, je voyais plein de petites étoiles autour de moi.

(je n'ai bu qu'un pichet de cidre)

mercredi 19 octobre 2011

Fleurs

Quand cette petite plante grasse est arrivée à la maison, elle dressait fièrement mille petits boutons de fleurs blancs et prometteurs.

Le lendemain, une fleur était éclose. Blanche avec un pistil ou une étamine (?) rose fuschia, splendide.

Trois jours plus tard, une dizaine de fleurs se sont ouvertes.

La petite plante est magnifique, étonnante de vigueur, surprenante.

Tous les matins, je viens la féliciter.

mardi 18 octobre 2011

Auditeur

En ce moment, on a un audit, dans la boîte. Il vient nous aider à organiser notre atelier de sous-traitance.

J'ai participé à un de ses brainstorming l'autre jour. On était sept et ça traitait de la communication inter-services. En fin de séance, l'audit a suggéré : "En fait, il manque des réunions hebdomadaires de production".

Sa proposition a fait flop, suivie d'un silence de plomb.

L'audit s'est tourné vers moi, l'air fatigué : "il se passe quoi, là, Rosana ?"

C'est avec la même fatigue que j'ai répondu : "on en a ras le bol des réunions, elles sont toutes animées par le directeur qui nous assomme pendant une heure et demie avec de grands discours creux et mille fois répétés, et personne ne doit rien dire sinon il crie, alors on finit tous par s'endormir en espérant que ça va passer vite, et on en sort toujours sans aucune réponse".

Et c'est encore avec la même fatigue que mes collègues ont approuvé en souriant.

Il a du boulot, l'auditeur.

vendredi 14 octobre 2011

Skrat ?

Il est difficile de me décourager, de me détourner d'un objectif, de me faire lâcher prise.

Par exemple, je tiens beaucoup à l'ordre du jour de mes réunions. Et quand les digressions et les discours fleuves du directeur ont endormi tout le monde, je reviens toujours à la question qui n'a pas été traitée.

Cela a pour principal mérite de réveiller mes collègues, et puis de les faire rigoler.

Je reviens infatigablement au sujet initial. Parfois, le directeur tente de me faire passer pour une imbécile, ou une incorrigible matérialiste, mais ça ne marche pas trop, j'ai la troupe avec moi. Alors le plus souvent, je m'en sors plutôt bien, et l'ordre du jour aussi.

On m'a surnommé Skrat, l'écureuil de l'âge de glace qui refuse de lâcher sa noisette.

jeudi 13 octobre 2011

Faire la manche...

Hier en ville, je suis abordée par une jeune femme avec une petite fille, avec un joli accent d'outre-Atlantique :
"Bonjour madame, je suis québécoise et je suis bien embêtée, je me suis fait voler mon sac et j'attends un mandat qui devrait arriver demain, pouvez-vous me dépanner de quelques euros?"

Avec une pensée émue pour ma copine-de-blog Joan, je lui réponds :
"Mince alors, vous devez être bien ennuyée, je vais vous donner une adresse où vous pouvez vous rendre et où on fera le nécessaire pour vous en attendant votre mandat"

Elle reprend : "euh non, non, ça va aller, il me faudrait juste quelques euros..."

J'allais lui proposer de m'accompagner au distributeur parce que je n'avais pas un sou sur moi quand sa petite fille l'a interpellée avec un accent très très toulousain : "allez, on y va maman (mamaing)?"

Si elle ne lui avait pas jeté un regard furieux et méchant, je me serais laissée attendrir.

Là, j'ai juste pensé que c'était une manière originale de faire la manche.



mardi 11 octobre 2011

Cris et chuchotements

Mon directeur arrive au boulot entre 6h30 et 7h le matin. Je le sais parce que c'est indiqué sur les mails qu'il m'écrit. Il atteint le sommet de sa forme à 8h30 et jusqu'à 14h30, il parle, il parle, il crie, il parle, il crie ... et aussi des fois il écrit des mails tellement incendiaires et injustes qu'il est obligé de présenter ses excuses après.

A 15h30 son énergie décline et à 16h30 il est cuit. On peut alors lui faire signer n'importe quoi, souscrire le contrat le plus douteux, approuver le projet le plus pourri.

Le lendemain, il réalise et recommence à crier, parler, crier ...

D'où ma surprise ce soir en quittant le boulot. Au fur et à mesure que j'approchais de la sortie, les cris étaient plus impressionnants, puis j'ai croisé le directeur commercial tout rouge, au bord de l'apoplexie, et entendu le directeur hurler depuis son bureau : "c'est moi le directeur de la boîte et c'est moi qui commande !!!!".

Demain, on va avoir une belle journée. Et avec un peu de chance, j'aurai une jolie zistoire à raconter.

lundi 10 octobre 2011

Buisson ardent

L'autre jour avec Sergueï, nous sommes passés sur la route où notre princesse a atterri dans le fossé.

Mon estomac s'est retourné quand j'ai compté un platane tous les quatre mètres.

Tu as bien visé, princesse.

Au fait, ce buisson que tu as poétiquement appelé de l'aubépine et d'où tu as eu du mal à t'extraire, c'est du pyracantha. Un arbuste plein de grosses épines et très dense qui a amorti le choc. Même s'il t'a un peu griffé les pieds.

Je ne verrai plus le pyracantha de la même façon. 

jeudi 6 octobre 2011

Démission 3

J'aurais du quitter cette boîte dirigée par une femme et son mari le soir même de mon arrivée. Seulement voilà, je venais de démissionner d'une autre boîte et je commençais à me demander si je n'étais pas un peu instable.

Un exemple du caractère exécrable de la patronne : aucune secrétaire ne restait plus d'une semaine. Tous les samedi matin il fallait en recruter une nouvelle. J'ai vu partir 15 jeunes femmes en un an, au bout d'une heure, un jour ou une semaine, plus ou moins désespérées, pleurant ou soulagées.

Un jour, la patronne est allée trop loin et le soir même, le livre que je lisais m'a parlé :

"Puis l'Ermite se leva, s'affaira çà et là dans la petite pièce irrégulièrement construite, jetant de temps en temps un regard clignotant vers Valet, et il lui demanda soudain : Es-tu prêt à chausser tes souliers et à reprendre la route? Valet hésita, puis il dit : s'il doit en être ainsi, je suis prêt".

Le lendemain matin, j'ai posté ma lettre de démission avec un plaisir infini. Puis la patronne a fait une dépression nerveuse (si-si, c'est vrai).

J'ai adoré l'après-midi que le patron a passé à tenter de me convaincre de rester. 

J'ai adoré avoir trouvé un autre boulot avant la fin de mon préavis.


mercredi 5 octobre 2011

Non mais !

Hier soir je dînais à la terrasse d'un restaurant avec une copine dont le mari, le patron, venait nous rejoindre de temps en temps.

Samir est arrivé avec son gros bouquet de roses et avec un grand sourire a proposé à ma copine de choisir la plus belle.

Après une brève hésitation, Samir a rapidement saisi la moins fraîche du bouquet, me l'a tendue sans un regard et est vite parti.

Sans même me laisser le temps de lui dire : "Non merci, je n'aime pas les roses moches".

Non mais !

mardi 4 octobre 2011

Ouf


C'est si bon de se réveiller le matin avec en tête : "Ma princesse est entière, je l'ai vue hier soir et tout va bien"

Même si ma voiture est un petit peu cassée.

vendredi 30 septembre 2011

Vert ou blanc ?

Une des particularités de mon directeur c'est d'être rebelle aux procédures qu'il a lui même écrites. 

Une autre de ses particularités c'est de se mettre très en colère quand on le lui fait remarquer.

La conjonction des deux présente de nombreux avantages pour tous les salariés. Le principal avantage étant que chacun fait comme il veut.

Un exemple  : il diffuse sur une note de service avec la consigne de repeindre la semaine suivante les murs de la boîte en blanc.

Quand la semaine suivante on reçoit 100 kg de peinture verte et la consigne de commencer à repeindre les murs, au lieu de s'en étonner, on fait ce qu'on veut.

. Celui qui préfère le rouge va renvoyer les pots au fournisseur en demandant l'échange contre des pots de peinture rouge

. Celui qui a envie de se faire engueuler va demander au directeur s'il est bien sûr de la couleur qu'il a commandée, parce que, l'autre jour, sur la note qu'on a reçue ...

. Celui qui a envie de faire la sieste ne va rien peindre du tout

. Celui qui a envie de s'amuser va peindre des fleurs vertes sur les murs blancs

Au bout de quelques années de ce régime, ceux qui ne sommes pas devenus dingues, on rigole bien.

jeudi 22 septembre 2011

Mythe ?

Longtemps, j'ai cru mon père quand il disait qu'il savait tout.

Impossible de le coller. Aucun mot du dictionnaire, aucune énigme de mon livre d'histoire et aucun nom d'étoile ne lui résistait. Je n'arrivais pas à trouver la faille.

Ma princesse s'est montrée bien plus dégourdie quand du haut de ses cinq ans elle a apostrophé son grand père :
- Ah ouais tu sais tout ? Et qu'est ce qu'il m'a dit à l'oreille Arthur J. ce matin à la récréation ?

Elle est forte, ma fille.

mercredi 21 septembre 2011

C'était dur de rentrer hier soir

Quand je suis montée dans le bus, une âpre négociation entre Manu et son éducatrice se déroulait :

- Non Fathia, je ne descends pas, je suis majeur et je vais en ville en bus si j'ai envie.
- Allez Manu, on discute et je t'y amène en voiture
- Non, va-t-en, je vais ce que je veux
- Mais ce n'est pas ...
- Fathia, j'ai 18 ans alors tu me lâches

Cela a duré cinq bonnes minutes. J'hésitais entre intervenir auprès de Fathia (puisqu'il te dit de le laisser tranquille) ou de Manu (t'es bête, elle t'amène en voiture) quand le chauffeur du bus a tranché : "Bon ça suffit, faut qu'on décolle maintenant", et Fathia a cédé.

Quand j'ai voulu prendre le métro, le guichet n'a pas voulu me vendre de ticket. Ma "chiatique" m'a empêchée de sauter la barrière et puis il faisait beau alors j'ai rejoint la station suivante mais je n'ai pas pu descendre parce qu'il y avait le feu dans une poubelle.

J'ai voulu prendre un vélo mais la borne était bloquée.

Comme la station suivante était trop loin, je me suis arrêtée à la terrasse d'un petit café pour attendre l'extinction du feu de poubelle.

J'étais presque arrivée à la maison, des ampoules aux pieds, quand ma princesse m'a envoyé un sms : "on finit de monter l'armoire avec papa et on va au restau, rejoins-nous".

Mais que se passait-il, le monde entier m'empêchait de rentrer à la maison ?

Je n'ai pas répondu tout de suite mais quand ma princesse m'a rappelée, et que j'ai décliné l'invitation, elle m'a pratiquement raccroché au nez.

Elle est vilaine, hein ?

dimanche 18 septembre 2011

Aïe !

Pendant que Princesse et Sergueï bricolent, je suis à la maison, coincée par une sciatique (chiatique ?).

On pourrait croire que je me fais vieille, que devrais m'économiser au lieu de courir toujours partout, de jouer au badminton ou de faire du roller...

Je pense plutôt que ma princesse qui n'aime pas m'avoir dans ses pattes parce que je suis une casse-pieds, m'a jeté un sort.

mardi 13 septembre 2011

Because I'm bad...

Impossible de refuser quelque chose à ma copine Isabelle. Déjà l'autre soir à 23 heures, on avait largement débordé de l'apéro du mercredi et on voulait tous rentrer mais Isabelle tenait à nous apprendre à jouer au whist, alors on a joué au whist. On n'a pas beaucoup dormi parce que le lendemain il fallait travailler mais c'était chouette.

Et puis hier, j'avais oublié pour la deuxième fois mes affaires de badminton. J'éprouvais, il faut bien le dire, quelque réticence. Mais Isabelle est allée embêter sa belle soeur entre midi et deux heures et m'a trouvé tout ce qu'il fallait : raquette, t-shirt, pantalon, tennis et chaussettes...

Tant de détermination, c'est étonnant. Et puis c'est une chance parce que je me suis bien amusée au badminton hier soir. Après, j'étais cuite alors je me suis endormie à 22h, réveillée à 5h15 ce matin.

J'ai donc bien profité de la grosse pleine lune face à nos fenêtres pour le petit déjeuner.

PS : le titre, c'est un jeu de mots, avec la chanson de Michael J. et le badminton. Je précise parce que je n'avais pas compris tout de suite le titre du mail d'Isabelle.

samedi 10 septembre 2011

O.K.

Les tics verbaux de mon directeur évoluent avec les saisons. Son tic du moment c'est : "je suis d'accord avec toi".

Ca change de "il faut acter" ou "quitus" mais c'est encore plus étrange. Lors de notre déjeuner, hier, il a été d'accord avec moi une quinzaine de fois alors que je n'avais pas dit un mot et qu'en plus, je n'étais pas d'accord avec lui.

S'agit-il d'une nouvelle méthode de management ou de lavage de cerveau ?

mercredi 7 septembre 2011

Démission 1

Ma première démission, c'était au macdo. J'y travaillais depuis un an, un job d'étudiante, quand un jour le patron, d'un air faussement décontracté, m'interpelle :

- Dis-moi Rosana, on est contents de t'avoir avec nous et on aimerait te proposer un métier d'avenir ...

Je l'ai interrompu sèchement (un peu trop) :
- Non merci, c'est gentil.
- Ne me réponds pas si vite, réfléchis et on en reparle demain

Le lendemain, impossible d'aller travailler. J'ai cauchemardé et m'imaginais avec l'uniforme en synthétique bleu ciel hideux des petits chefs, j'en avais la nausée.

Je les ai appelés pour leur dire que j'envoyais ma lettre de démission. Trois mois plus tard, grâce à ma copine Sylla, je travaillais au ministère de la culture ... c'est quand même plus la classe, non ?

lundi 5 septembre 2011

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ...

Difficile d'exprimer sans images la scène qui se déroule sous les fenêtres de mon bureau.
  • Les personnages : Tommy et le vent d'Autan
  • Les objets : des feuilles, un souffleur, une brouette, une pelle
  • La scène : Tommy tente de rassembler des tas de feuilles avec un souffleur mais le vent d'Autan souffle très fort et disperse ses petits tas au fur et à mesure.

Tommy, à force de douce obstination (on pourrait dire un entêtement borné), réussit à rassembler une trentaine de feuilles. Il pose alors vite son souffleur et remplit sa brouette avec ce maigre butin.

Quand Tommy recommence à souffler avec son engin, le vent d'Autan, espiègle, en profite pour éparpiller le contenu de la brouette aux quatre vents.

Tommy met une heure et demie à perdre patience et maintenant, au lieu de souffler des feuilles, il souffle et ramasse le gravier.
C'est plus facile.


samedi 3 septembre 2011

La première ?

Le matin en partant au boulot, je jette toujours un bref coup d'oeil dans le rétro pour voir si tout va bien sur ma figure.

Hier, j'ai pensé "mince, c'est quoi, ce coup de crayon que je me suis mis sous la paupière?". J'ai frotté, puis au feu rouge, j'ai encore regardé et me suis dit : "oh ben ça doit être carrément du stylo parce que ça ne part pas".

Au feu suivant, j'ai mieux regardé ... et j'ai fait connaissance avec ma première ride.

Même pas mal. (snif)

jeudi 1 septembre 2011

C'est un peu long je vous préviens...

Voici ma rugnon d'hier avec MCS, l'adjointe de direction :

12h18 - Jean Marie L. ouvre la porte et demande à passer son absence lundi dernier en congé et MCS lui dit que non

12h19 - MCS me raconte que Jean Marie L. lui a demandé à passer son absence en congé et qu'elle lui a dit que non, pasque c'est comme les gosses blablabla … Je lui réponds que je sais, j'étais là, elle continue : "oui, tu comprends blablabla" jusqu'à 12h30.

12h30 - Guylaine vient dire qu'elle part raccompagner Jean Claude D. qui est malade au foyer et MCS essaie de lui raconter que Jean Marie L. blablabla, mais Guylaine qui est pressée est déjà partie alors elle retente avec moi. Je re-réponds : oui, je sais, j'étais là.

12h31 - Gérard vient dans le bureau expliquer que ça le gonfle de faire marner ses équipes sur les chantiers alors qu'ici les ateliers n'ont rien à foutre, que c'est des glandeurs, que fait donc Martial au lieu de chercher du boulot, qu'il ne comprend plus qui fait quoi, que si personne n'est capable de dire à Martial que c'est un gros nul, et ben lui il va le faire, qu'il faut organiser un repas au restau avec les cadres de direction, coincer Martial dans un coin, lui piquer les clés de la voiture et lui dire qu'il fait n'importe quoi.

12h35 - MCS essaie de lui raconter pour Jean Marie L. mais Gérard dit oui-oui et il continue sur sa lancée : c'est un dégonflé, il m'a dit qu'il avait vu le DG mais j'ai mes antennes au Siège social et il parait qu'il ne lui a parlé de rien, tu comprendras qu'à 2 ans de la retraite je vais pas me faire chier …

12h40 : MCS refait une tentative pour Jean Marie L. mais Gérard n'en a manifestement rien à battre, je ferme mes classeurs et je me lève pour partir mais MCS m'arrête : non, non, reste, j'ai fini …

12h45 : MCS demande des nouvelles de ZBB à Gérard qui lui en donne rapidement et il essaie de quitter le bureau alors MCS embraie de nouveau sur Martial

12h50 : Gérard explique qu'il lui manque des mecs en espaces verts, MCS dit qu'il ne faut pas embaucher le petit avec les dreadlocks puis retente l'histoire de Jean Marie L. mais Gérard quitte le bureau et on l'entend finir au loin : "faudra prévoir une date pour amener Martial au restau …"

12h55 : Je suis jalouse qu'il ait réussi à partir avant moi et tente la même chose. Je quitte le bureau en disant "oui oui, je trouve que c'est une très bonne idée d'amener Martial au restau…" puis je constate horrifiée qu'elle s'est levée pour me suivre.

J'ai été sauvée par mon envie de faire pipi, MCS ne m'a pas suivie dans les toilettes.

mardi 30 août 2011

L'âme des fournisseurs (la suite)

Martial,
l'analyse que je t'ai transmise se limite en effet à des éléments objectifs qui relèvent de ma compétence : le tarif, la qualité et la souplesse des prestations proposées.
 Tu seras certainement plus capable que moi d'évaluer les éléments moins matériels que tu évoques.
 En attendant, je m'en vais relire Saint Thomas d'Aquin et Lamartine, on ne sait jamais… "Objets inanimés, avez-vous donc une âme …"
 
J'ai essayé de rester sobre, digne, pas ironique ni railleuse. Mon directeur rentre la semaine prochaine, on verra ce qu'il me répond.Sans doute un truc du style :
 
Qui c'est cette Martine ? et pourquoi tu me parles de Saint Thomas ?
ou :
Décidément, ya que moi qui bosse dans la boîte, vous êtes tous des gros nuls.

La chef comptable veut le faire mettre sous tutelle. On rigole hein !

lundi 29 août 2011

Zistoires d'âme...

Avant de partir, j'avais transmis à mon directeur le rapport qu'il m'avait demandé. Il s'agissait de comparer les prestations de 4 fournisseurs. J'ai fait un beau tableau qui comparait les tarifs pour chacune des 7 prestations, avec analyse de chacune des prestations : satisfaction des stagiaires, qualité des intervenants, souplesse face à nos changements de dernière minute,  etc.

J'y ai ajouté une conclusion qui mettait en avant un des fournisseurs.

Sa réponse laconique par mail m'a laissée perplexe :  "Rosana, ce n'est pas la peine de me faire l'article pour ce fournisseur. Grosse machine qui n'a pas d'âme ni d'état d'âme"

Comment mesurer l'âme et l'état d'âme d'un fournisseur ?


vendredi 26 août 2011

C'est la crise

Je peux confirmer, c'est bien la crise.

Je le vois dans les magasins vides et le regard désespéré, ou parfois même haineux des vendeuses quand on quitte le magasin sans rien acheter.

Ca fait froid dans le dos.

jeudi 25 août 2011

Groumpf

Contrairement à la plupart de mes copines, le stress me fait maigrir.

Depuis un an et demi que j'ai quitté le service de ZBB, j'ai acquis 4 kilos de sérénité.

Faut-il m'en réjouir ?

D'un côté, le capiton qui m'enrobe a retendu ma peau.

De l'autre, je ne suis pas sûre d'apprécier que Sergueï, enclin aux surnoms animaliers, m'appelle à présent sa petite oursonne.

mercredi 24 août 2011

Il fait chaud

Pour me protéger du soleil, en plus de la crème de des lunettes noires, j'ai longtemps porté une casquette. Ce qui me valait les sollicitations de gars louches, genre treillis et doberman.

Puis j'ai changé pour un grand chapeau de paille. J'étais alors abordée par de jeunes hommes qui me prenaient pour Madonna incognito.

Maintenant, je porte un parapluie en guise d'ombrelle et plus personne ne me demande son chemin.

J'en vois même qui changent de trottoir.

mardi 23 août 2011

Piqûres

Ma première visite aux urgences de Massamagrell faisait suite à une nuit à la belle étoile. Environ vingt mille insectes affamés s'étaient repus sur mon dos, au sens propre comme au figuré.

Toute gonflée, j'attendais mon tour dans la salle quand la dame qui me précédait s'est faite jeter : "vous n'êtes pas une urgence, allez voir votre médecin traitant". C'est donc un peu tremblante que je suis entrée dans le cabinet du médecin. Elle a été très gentille : une piqûre dans les fesses et un mois de cortisone.

C'était la première d'une longue série.

. Piqûre dans les fesses pour Pablo qui s'était fait effleurer par une méduse.
. Piqûre dans les fesses pour Sergueï, bloqué par une sciatique.
. Piqûre dans les fesses pour Caroline toute gonflée après avoir mangé une anchois.
. Piqûre dans les fesses pour moi après l'acharnement d'une guêpe sur mon oreille droite.

Chaque fois, les piqûres ont été très efficaces.

J'ai été un peu déçue de n'avoir qu'un bandage l'année de mon entorse à la cheville.

mardi 26 juillet 2011

Des mots pour ne rien dire

Convocation chez mon directeur à 14H. Il a commencé à dire des mots que j'ai écoutés avec patience : cépomme, panneaux photovoltaïques, GPEC, contrats, formation, tu as raison, forage de puits, chaudière à gaz, je compte sur toi, bordel, dossier, extension du réseau informatique, états d'âme, organisation, acter ...

Pendant ce temps, je rêvais : roses, pivoines, coucher du soleil, iris verts de ma princesse, papillons, vacances, guitare, piña colada, cerises, coquelicot ...

Au bout de deux heures, il m'a interpellée : alors, tu en penses quoi ?

J'ai sursauté, étonnée, mais avant que je puisse lui répondre : poêle à frire ou scie à métaux, il a repris : échéances, évaluation, pilotage, encadrement ...

samedi 23 juillet 2011

Mon père s'ennuie...

Hola. Mamán et moi on s'ennuie aujourd'hui comme deux huîtres mortes,
Nous sommes seuls, car Véronique est venue chercher Irene pour aller a la foire. Dis a Isabelle qu'elle envoie les enfants par E.mail, même si eux veulent rester.

De gros bisous pour tous.  A bientôt

Papuchi et Mamuchi

vendredi 22 juillet 2011

Time for a new challenge...

Ce matin au boulot, j'ai reçu un mail d'un de nos clients intitulé "Time for a new challenge".

Dans ce message, Alexandre Biduletruc m'informe en anglais qu'avant de quitter sa fonction au service des fournisseurs, il tient à me remercier pour tout le plaisir qu'il a eu à travailler avec moi, et qu'il espère que l'avenir lui réserve d'autres occasions de le faire. Et aussi qu'il me souhaite plein de bonnes choses.

Après un petit moment d'attendrissement et d'émotion, je me suis ressaisie et rappelée que mes seuls contacts avec lui ont été des échanges de lettres recommandées avec accusés de réception assez musclées.

Comme il s'agit d'un très très gros client (un fabriquant d'avions), j'ai résisté à l'envie de lui répondre en espagnol (parce que je ne connais ni le chinois ni l'arabe).

Mais cela m'a été difficile.





mercredi 13 juillet 2011

Orage

Hier soir, à la terrasse du restaurant, la soirée était douce. Avec Sergueï, notre princesse et son amoureux, bien à l'abri sous l'auvent, nous avons dîné en regardant tomber des trombes d'eau. A chaque coup de tonnerre, Caroline se blotissait contre son père, ravi et gâteux.

Un éclair plus fort que les autres a éclairé le regard de Caro et j'ai dit à Maxence : "elle a de beaux yeux, hein?"
Il m'a répondu, tout aussi gâteux que Sergueï : "ouais, je la trouve belle"

Aujourd'hui, je sais pourquoi Max, grand rationnel épris de symétrie et autres choses bien rangées, aime Caro.

Elle a les yeux parfaitement symétriques.

C'est l'opticien qui l'a dit.

vendredi 8 juillet 2011

Rugnon

A notre réunion générale de ce matin, il y avait à peu près tout le monde. Il faut croire que quand la convocation est très compliquée, les salariés font l'effort de comprendre.

Marie-France est une comptable qui a passé la soixantaine et qui a travaillé 5 ans dans l'armée, j'en ai déjà parlé ici. Une dame respectable habillée en jogging et avec des chaussettes sexy. Et bien elle est arrivée avec ses lunettes de soleil et s'est installée à côté de moi. Je lui ai demandé si elle avait mal aux yeux et elle m'a répondu :

"Non mais je déteste ce genre de réunions, ça m'endort. Si je garde mes lunettes de soleil, je peux dormir tranquille. La dernière fois j'avais amené mon casque et j'ai écouté un match de foot."

A un moment, sa respiration régulière m'a confirmé qu'elle dormait vraiment. Sacrément gonflée, hein ? 

mercredi 6 juillet 2011

Ouikenne à la mer

Rien de tel qu'un ouikenne à la mer avec les copains pour recharger les batteries.

Même s'il ne fait pas beau.
Même avec la panne de voiture de Domi et Mimi.
Même si les cartes postales pour les absents ne sont jamais arrivées.
Même si j'ai perdu presque tous les tournois de backgammon et de 5000.
Même avec le ménage à faire avant de quitter les logis.
Même si on se prend les embouteillages au retour.

lundi 4 juillet 2011

Embrouillamini

A mon boulot, quand on veut organiser une réunion générale du personnel, c'est un peu compliqué.  En tout, on est 230 et il y a 4 catégories de personnel. Pour éviter d'entrer dans les détails, je vais les appeler A (35 personnes) , B (142 personnes), C (8 personnes) et D (45 personnes).

L'autre jour, et parce que je passais dans le couloir au moment où ça lui est venu à l'esprit, le directeur m'a demandé de convoquer deux catégories de personnes à une réunion générale, les A à 9h30 puis les B qui nous rejoindront à 11 heures. Les C peuvent rester chez eux toute la matinée et les D quitter le boulot à 11h.

4 notes de service, donc.

Puis une semaine plus tard, il a fallu annuler la convocation des B. Ils seront convoqués deux jours plus tôt à 14 h avec en plus les D.

1 autre note de service, donc.

Puis une semaine encore plus tard, l'heure de réunion des B et D a changé, ce ne sera plus 14 h mais 16 h.

1 autre note de service, donc.

Entre ceux qui ne savent pas lire, ceux qui perdent les papiers et ceux qui ne comprennent rien, on n'est pas sortis du bois.

Je suis impatiente d'être à mercredi et vendredi prochains, pour savoir qui va se présenter à quelle réunion.

vendredi 1 juillet 2011

Empoté du matin : chagrin.

Certaines personnes réveillent le monstre qui est en moi.

Le Dalaï Lama m'a expliqué un jour que ce sont eux qui te font progresser dans la vie.

Alors je vais essayer de tester ma capacité de compassion et de bienveillance pour cet imbécile empoté et arrogant de chez SFR que j'ai eu au téléphone ce matin.

Ca va être difficile.

jeudi 30 juin 2011

Marcel

Marcel est le clochard du quartier. Il salue les passants tous les jours avec bonne humeur. Ce matin, je l'ai vu en colère, dans la queue du Lidl.

Il avait posé deux cannettes de bière sur le tapis de la caisse quand la dame qui le précédait lui a dit : "Vous feriez mieux de boire de la limonade".

Il a alors tapé un grand coup sur le tapis : "Dis-donc, je bois ce que je veux et je t'emmerde"

La dame a attrapé les cannettes et a exigé des excuses.

Marcel a répondu avec une grosse voix éraillée qu'elle pouvait se mettre les excuses dans son cul.

Un monsieur est intervenu et tout est rentré dans l'ordre.

J'ai alors posé mes deux boîtes de glace et mes plaquettes de chocolat sur le tapis et lancé à la cantonade :

"Je n'aimerais pas que la dame me dise que je ferais mieux de manger des haricots verts"

Ca a détendu l'atmosphère, Marcel était tout content, et moi aussi.

mercredi 22 juin 2011

La fin des haricots

Ce soir je me suis filmée en train de jouer de la guitare.

Mazette, ça vaut le coup d'oeil (à défaut du coup d'oreille).

Je joue comme si j'étais une institutrice de CP qui racontait une histoire à ses élèves : très appliquée, très concernée, très précise, très articulée...

Evidemment, c'était aussi très moche et très ridicule.

Comment je vais faire, maintenant ?

mercredi 15 juin 2011

Tchip

L'hiver 1985 a été très froid. Tchip était très frileuse et n'appréciait pas que je baisse le chauffage avant d'aller me coucher. Pour se venger, au milieu de la nuit, elle venait se coucher sur mon cou, mettait son nez sur le mien pour respirer mon air chaud et ronronnait très fort.

Je me réveillais complètement oppressée avec le cauchemar d'être poursuivie par un camion. 

Des fois, c'était pire. Elle se glissait sous ma couette et au moindre de mes mouvements, elle m'attaquait sauvagement comme si j'avais été une souris.

Heureusement, je gardais mes chaussettes.

mardi 14 juin 2011

Insectes

Avec mon ami Prudence Petipas, quand on se promène dans la campagne, on a chacun un petit nuage de moucherons au-dessus de la tête et qui nous suit partout.
Les autres, les pauvres n'ont rien du tout, ils ne doivent pas sentir la rose.

Avec Prudence, quand on fait la sieste dans le jardin, on se fait piquer par des bêtes.
Les autres ne se font pas piquer, les pauvres, ils ne savent pas faire la sieste.

mercredi 8 juin 2011

No regrets

G., le directeur technique et commercial de ma boîte est un gougnafier, un parfait malotru, du style à manger en face de toi la bouche ouverte ou à se curer les dents avec un post-it qu'il te pose ensuite sur le bureau.

Nous entretenons des rapports plutôt tièdes.

Ce matin, il m'a surprise. Alors que je fouillais en vain mes poches pour mettre des pièces dans la machine à café, il a couru m'en chercher dans sa voiture.

Du coup, je regrette un peu moins de lui avoir sauvé la vie il y a quelques années, en lui mettant une grande beigne dans le dos alors qu'il faisait une fausse route alimentaire carabinée.


mardi 7 juin 2011

Genoux


En rentrant du boulot ce soir, j'ai entendu à la radio un parfumeur faire la recommandation suivante :

"En cas de tristesse ou de déprime, au lieu d'allumer une cigarette de prendre un cachet ou de boire un coup, passez-vous la main sous l'aisselle et sentez. Vous vous retrouverez et cela ira tout de suite mieux ""

Personnellement, sans savoir que c'était pour me retrouver, et du plus loin que je me souvienne, j'adore l'odeur de mes genoux. Et aussi de mes bras, là où le duvet devient blond l'été.

C'est un mélange de grenier à blé, de chaux et de sable. C'est la même odeur depuis mes sept ans et elle résiste à toutes les savonnettes.

 Si j'étais Proust, je raconterais ça drôlement mieux.


lundi 6 juin 2011

Tchip

Quand j'ai connu Sergueï, il n'aimait pas les chats. Résultat : son appartement était le seul du quartier où mon chat n'avait pas le droit d'entrer.

Et celui où toutes les souris du voisinage se donnaient rendez-vous.

Sergueï aimait encore moins les souris que les chats. Je me souviens d'une soirée à chercher Tchip (mon chat, en fait une petite chatte écaille de tortue) partout dans le quartier.

Tchip n'étant pas rancunière, elle a tout de suite adoré Sergueï et passé chez lui le plus clair de son temps, y chassant toutes les souris. Et pour le remercier de ce magnifique terrain de jeux, elle lui ramenait régulièrement des pigeons morts sur sa moquette.

lundi 30 mai 2011

Course

Quand je fais les courses dans les magasins, même si je ne suis pas pressée et sans aucune raison, je vais toujours le plus vite possible.

C'est idiot parce que je me retrouve parfois avec des produits dont je ne sais pas trop quoi faire et que j'ai pris pour un autre.

Les derniers en date :
. des pastilles anti-calcaire à la place des pastilles pour le lave-vaisselle
. un produit étrange qui ressemble à du beurre mais qui n'en est pas et en plus pas du tout appétissant


samedi 28 mai 2011

Déménagements

J'ai toujours adoré changer les meubles de place. Tant et si bien que Sergueï a placé des roulettes sous tous les meubles.

Et puis un jour, on a trouvé la place idéale pour chaque chose. J'ai bien tenté quelques déménagements mais c'était plus moche et moins confortable.

Depuis, je m'ennuie.

Ya du mou...

Je suis toute ramollie.

L'autre jour, je suis allée m'acheter des vitamines à la pharmacie. Quand le monsieur m'a proposé des vitamines "senior", je lui ai dit qu'il n'était pas très gentil.

Du coup, je me sens encore plus ramollie.


(J'ignore pourquoi cette histoire que j'avais écrite il y a plusieurs semaines est remontée toute seule à aujourd'hui)

vendredi 27 mai 2011

Secrets

Dans ma boîte, on pratique la culture du secret. Comme j'ai des copines bien placées, je suis souvent au courant.

Garder les secrets, je sais.
Faire comme si je n'étais pas au courant, je sais aussi.

Là où ça se complique, c'est que les mêmes infos me sont souvent confiées par des personnes différentes. Et parfois je m'embrouille et je ne sais plus d'où me vient le secret ou si je suis censée être au courant.

- Rosana, tu sais que le service Bidule va déménager
- Ben oui, tu me l'as dit hier
- Mais non, je viens de l'apprendre, qui te l'a dit ? Tu aurais pu m'en parler.


ou encore :

- Tu sais qu'un nouveau directeur vient d'être nommé au service Truc ...
- Ah bon ?
- M'enfin Rosana, je t'en ai parlé quand tu es passée la semaine dernière


ou encore, le directeur nous convoque :

- Bon, l'information que je vous ai donnée hier, vous faites comme si je ne vous avais rien raconté parce que le DG nous a dit que tant que rien n'est officiel, il ne faut pas en parler.

J"adore connaître des secrets.

jeudi 26 mai 2011

Mercredi doux

Hier après-midi, je suis allée retrouver Caroline en ville. On y a rencontré ses copines.

Il y avait Natalia au délicieux et léger accent ukrainien, Vanessa à la voix grave d'animatrice de radio de nuit et Déborah (je ne suis pas sûre du prénom mais ça rime) de toute évidence une grand-bretonne.

Ma princesse me propose tout d'un coup de les accompagner à la fac parce qu'elles ont des trucs à imprimer. J'étais ravie, tu penses bien, alors j'ai tapé l'incruste, telle une matrone de pensionnat  chaperonnant ses ouailles.

Je les ai trouvées belles, mes quatre poulettes, j'étais fière.

Merci ma puce. (pense à prendre RV chez l'ophtalmo)

mercredi 25 mai 2011

Un autre Eric ; un autre boulet.

- Rosana, ya Eric qui me colle depuis une semaine. Tous les matins il vient me dire que je suis belle et aujourd'hui il m'a amené un bouquet de roses. Ca commence à m'embarrasser, tu ferais quoi ?

- Tu sais bien, je lui dirais de ne pas se fatiguer, que je suis heureuse en ménage et qu'il arrête ses sornettes.

- Oh, je ne peux pas faire ça, il va se vexer.

- Dommage parce que si en plus tu prends l'air hargneux, c'est très efficace. Sinon, tu peux lui demander des nouvelles de sa femme.

- Mais ce n'est pas non plus très délicat.

- En même temps, s'il te faut de la délicatesse, ce n'est pas à moi qu'il faut demander, hein ?

mardi 24 mai 2011

Mensonge pieux

Ce soir, j'ai fait faux bond à une soirée que j'ai organisée pour un groupe de pédants "décideurs" auto-proclamés. Aucune envie de leur faire la conversation.
Mes collègues m'avaient conseillé en rigolant de prétexter un problème de nounou pas disponible pour garder ma fille.
J'ai préféré un sobre et mystérieux : "je vous remercie beaucoup pour votre invitation mais j'ai un empêchement de dernière minute, excusez-moi de ne pas me joindre à vous ce soir."

Ben oui, j'ai rendez-vous avec le Dr House.

mercredi 18 mai 2011

Un après-midi tranquille

Cet après-midi, alors que je m'en allais rejoindre ma princesse en ville, je traversais le boulevard quand un gars en voiture grille un feu rouge, puis deux, me roule presque sur les pieds, me barre le passage clouté et m'interpelle pour me demander son chemin.

J'étais pourtant de bonne humeur mais je lui ai répondu que je lui indiquerais le chemin quand il aura appris à s'arrêter au feu rouge.

Il m'a alors demandé si je voulais une paire de baffes, connasse.

J'ai rétorqué qu'en plus il était du genre à frapper les femmes, ben de mieux en mieux, il pouvait aller se faire brosser, connard.

Pendant qu'il m'abreuvait de plein de noms d'oiseaux, j'ai continué mon chemin. Royale, tel un torero courageux qui tourne le dos à la bête furieuse, sans un regard en arrière et je lui ai fait un doigt d'honneur.

Je suis quand même entrée dans le premier magasin sur le trottoir, avec un air dégagé et décontracté, alors qu'en réalité je n'en menais pas large.

N'empêche, je songe à prendre des cours de self-défense (puisque je n'arrive pas à la fermer).